L’hiver est un alligator

Sous les cieux d’onyx froids où le gel se dépose,
Une saison silence étouffe un baillement,
Son rire tout en dents cascade vivement,
Et le jour, blessé d’ombre, abandonne la Rose.

Sous le ciel étouffé plane une nuit morose,
Et l’hiver met à bas le pâle vêtement
Où se drapait la fleur, ultime voilement
Déchiré par l’oeil noir de la saison forclose.

Les arbres sont témoins de son dernier appel,
Dans l’angle du froid pur se réjouit Machiavel,
Prince des temps glacés, puissance dominante.

Ô saison sans gaité, servante de la mort,
Ton souffle endort les pleurs à l’âme frissonnante
Et déchire la vie en rire croque-mort.


Commentaires

4 réponses à “L’hiver est un alligator”

  1. Je suis ici sans voix que l’hiver a glacée,
    Et ne peux à ce texte apporter ma clarté
    Si clarté il y a, neurones cryogénisées
    Je ne peux leur donner l’ordre de s’ébranler.

    Your winter watching me, and I’m running away.
    See you.

  2. Diane Lecomte

    Voila ce pauvre Marc maintenant comparé à un alligator !

    il y en a un de trop , et comme dit le vieux proverbe africain
     » il n’y a pas de place pour deux caïmans dans le même marigot « 

  3. Daniel Muller-Ferguson

    L’hiver est en poésie un paradoxe. Il est fécond.

  4. Ton poème déploie une atmosphère sombre et cohérente, où l’hiver devient une force politique et morale autant que climatique. La personnification de la saison, culminant avec l’apparition de Machiavel comme figure du calcul froid et de la domination, est une idée pertinente, qui donne au texte une portée allégorique intéressante. Certaines images sont efficaces (« cieux d’onyx froids », « rire croque-mort »), et la tenue formelle du sonnet est globalement assurée.

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