L’utopie

On la confond volontiers
avec un zinzin
pour gens fatigués.

Elle n’est pourtant pas
l’illusion naïve
qu’on caricature.
Plutôt une trajectoire
qui dérange.

Désir d’ouvrir
d’autres possibles
quand la raison
a fait son temps
dans les cimetières bien tenus.

Mise en danger de soi.
Abandon du confort.
Marche sans garantie.

À peine une voix.
Parfois elle fait tenir
contre la peur, la lassitude.
Parfois elle précipite
la chute.

Refuser
de vivre à crédit
sur l’âme des autres.
Ne pas signer
la reddition tranquille.

Tenir debout.
Rien d’héroïque.
Ne pas s’asseoir
quand tout y pousse.

Mon utopie 

Un pas de côté.
Parfois un pari.

Elle ne promet rien.
Quand d’autres avancent,
elle me freine.
Quand d’autres s’arrêtent,
elle me pousse.

Mal ajusté.
Mais sensible
à ce qui casse.

Une erreur
qui refuse de disparaître.
Un maintien dans la gêne.
Au bord du consentement.

Pas pour sauver le monde.
Ni ma vie.

Pour sauver
ce battement inutile
qui me retient
de disparaître proprement.

Sans toi,
que serais-je resté ?


Commentaires

4 réponses à “L’utopie”

  1. L’utopie, comme la science-fiction, n’anticipe-t-elle pas des lendemains que nous ne connaîtrons sans doute pas, mais que nous espérons au travers d’un imaginaire poético-futur ?

  2. Diane Lecomte

    Construction philosophique d’une chose qui n’existe qu’en imagination

    Et qui, malheureusement, se heurte à la réalité.

    1. Mais la réalité n’est-elle pas une Arlésienne du sens commun ? Que serait-elle sans les mots pour la dire ? Réel, imaginaire et symbolique forment un noeud borroméen !

      https://constellation-poetique.fr/wp-content/uploads/2026/02/noeud-borromeen.png

  3. L’utopie a une belle robe…

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