
Milouze l’inspecteur, peut-être l’inspectrice,
toujours au bord du genre et toujours à la fête
se faisait une joie de mener cette enquête
à partir d’un cadavre, distinction fondatrice.
Le légiste entama de visu son constat
sur le corps pantelant d’un cisgenre impudique
exhibant mille plaies avec pour tout viatique
un rictus de douleur à l’orée du trépas.
La Police Technique Scientifique alors
prit des photographies et des prélèvements
tandis que Milouzette — au féminin céans —
observait la scène de crime bout-dehors.
Milouze, fin limier — masculin tout autant —
par son clignotement de genres avéré
subodorait déjà qu’iel trouverait la clef
dans la sexualité de la victime en plan.
Le cisgenre désigne un quidam qui se sent
de ce même genre que celui attribué
de naissance. Milouzette avait trop erré
dans son identité pour ne pas être à cran.
Au 36, quai des Orfèvres, un suspect queer
se demandait pourquoi on l’interrogerait
alors que son alibi le dédouanerait
et qu’aucun mobile le posait en satyre !
Le gardien des scellés avait brouillé les preuves,
mélangeant toutes les pièces à conviction,
afin de protéger en pleine ampliation
un suspect sur le gril au mépris de l’épreuve.
Comme lui ce shemale ennemi des cisgenres
avait donc massacré la victime expiatoire
en frappant mille fois ses humbles génitoires
avec un long couteau au nom de son agenre.
Milouze, Milouzette a forclos ce dossier
avant de repartir très vite à Marrakech
pour se faire opérer de son vit derechef
sans que sa hiérarchie, en vrai, fût offensée !
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