Nos jours d’été passaient trop vite sur la plage
où courait un vent frais, où se baignait la Manche ;
l’eau nous mordait la peau, nous hurlions de rires clairs.

Marc, Thierry, Jean-Pierre, Béatrice et Hélène,
et moi parmi les autres, liés sans se nommer.
Le temps allait tout droit, sans nous demander rien.

Au printemps, Marc tramait des histoires fantastiques,
faites de courses, d’élans, qui nous emporteraient
lorsque viendrait l’été et son ciel facétieux.

Les jours de pluie, serrés au cellier avorton,
nous projetions nos rêves sur un écran pygmée ;
les filles, faute de sièges, légères sur nos genoux.

L’été s’est retiré, repoussant vers les villes
les rires et les rêves et le temps qui nous aime.
Mais dans ce cadre vide quelque chose tient encore.

Certains ont disparu, d’autres sont restés là,
mais tous rayonnent encore dans un long plan-séquence
qui nous porte en avant quand l’hiver se rapproche.


Commentaires

5 réponses à “Nos jours d’été”

  1. Un bien joli poème, une nostalgie tendre et légère.

    1. Et si tellement vêcu. Demandez à ce(elle)lui qui je nomme.

  2. Commentaire non corrigé. « Et tellement vécu. Demandez à cel(le)ui que je nomme ! »

  3. Il est où celui que je nomme, il roupille !

  4. Il roupille toujours, celui dont je parle.
    Vais-je devoir lui frotter la lanterne pour qu’il s’extirpe de son repaire ?

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