Nuit cruelle, nuit rebelle, nuit vautour

 

 

 

Qu’elles sont cruelles ces nuits, lorsque lavé

le fond de teint qui ne recouvrait qu’en surface

la journée , et en masquait les sombres pensées,

oblige, dès lors, à voir les choses en face

 

Tout ce que l’on espère taire au fond de soi

prend un malin plaisir à remonter de force

las.. si l’on veut croire que « ça » n’existe pas

rien à faire ..il faudra bien que craque l’écorce

 

Idées noires, doutes rongeurs, pis, assassins,

se verront croître et embellir sur l’oreiller

mille fois retourné en de nerveuses mains

sans parvenir à trouver la sérénité

 

Il faudra supporter jusqu’à l’aube en patience

pour qu’après un répit de sommeil agité

renaisse un semblant de prise de confiance

mêlant lueurs du jour et de lucidité

 

Jusqu’à la nuit prochaine, tous rêves absents,

la même punition reviendra, têtue,

remuer obsessions et ressentiments

nous laissant corps et âme vides , le coeur nu

 


Commentaires

8 réponses à « Nuit cruelle, nuit rebelle, nuit vautour »

  1. Daniel Muller-Ferguson

    Des tourments atrabilaires dont on peut espérer que l’écriture soulage….

    Il me revient un beau poème de Verhaeren:

    TOURMENT
    Rocs de désespoir immensément tordus
    Vers le ciel lourd, voici les consolants hivers
    Et la fraîche blancheur et les brouillards pendus
    Aux bras, pitié ! pitié ! de vos mélèzes verts ;

    Voici le grand silence et la neige du soir.

    Voix de granit, combats d’ombre, fiertés de pierre,
    Vieux tonnerres figés des époques occultes,
    Que le soleil irrite et mord de sa lumière
    Et qui savez l’éternité de vos tumultes.

    Voici le grand silence et la neige du soir.

    Ce qu’il vous a fallu de jours et de malheurs,
    Pour définir ainsi votre fatalité !
    Rocs tragiques, altiers, muets et recéleurs,
    Et conquérir l’orgueil de l’immobilité !

    Voici le grand silence et la neige du soir !

    Vous dormirez, veillés par les astres candides,
    Sous un linceul de gel et blanc comme la laine ;
    Voici le firmament venir des nuits splendides,
    Voici pour vous l’hiver — rocs de douleur humaine !

    Voici le grand silence et la neige du soir.

    1. Diane Lecomte

      Je n’ai pas le talent de Verhaeren, loin s’en faut, mais je n’irai pas me jeter dans les bras de l’hiver pour autant ( tant pis pour toi Marc) 🙂

  2. Ô toi plus belle que le premier songe d’une nuit d’été ! Ô toi dont la MAIF revalorise avec sollicitude le capital décès ! ton désespoir nous est un baume poétique. Et n’oublie jamais qu’on va tous crever…

    1. Diane Lecomte

      J’ai les désespoirs qui passent vite…il vaut mieux,
      mon seul réconfort est de savoir que l’on se retrouvera tous dans la galaxie étoilée , vous m’y reconnaitrez facilement :
      je clignote plus vite que mon ombre …et hop 🙂

  3. chanson Nuit De Chine

    Quand le soleil descend à l’horizon
    A Saigon
    Les élégantes s’apprêtent et s’en vont
    De leurs maisons
    A petits pas, à petits cris
    Au milieu des jardins fleuris
    Où volent les oiseaux jolis
    Du paradis
    Tendrement enlacés
    Se grisant de baisers
    Les amants deux par deux
    Cherchent les coins ombreux

    Nuits de Chine, nuits câlines, nuits d’amour
    Nuits d’ivresse, de tendresse
    Où l’on croit rêver jusqu’au lever du jour !
    Nuits de Chine, nuits câlines, nuits d’amour !

    Sur la rivière entendez-vous ces chants
    Doux et charmants ?
    Bateaux de fleurs, où les couples en dansant
    Font des serments !
    Pays de rêve, où l’étranger
    Cherchant l’oubli de son passé
    Dans un sourire a retrouvé
    La joie d’aimer
    Eperdu, le danseur
    Croit au songe menteur
    Pour un soir de bonheur
    On y laisse son cœur

    Nuits de Chine, nuits câlines, nuits d’amour
    Nuits d’ivresse, de tendresse
    Où l’on croit rêver jusqu’au lever du jour !
    Nuits de Chine, nuits câlines, nuits d’amour !

    Mousmée jolie dont mon cœur est épris
    Je veux l’oubli
    Puisque de toi mon amour infini
    Reste incompris
    L’opium endort les malheureux
    Et les emporte jusqu’aux cieux
    Dans un nuage merveilleux
    De fumée bleue
    Dans le soir qui s’enfuit
    Loin des chants, loin du bruit
    Sur la natte, endormi
    Le beau rêve a repris

    Nuits de Chine, nuits câlines, nuits d’amour
    Nuits d’ivresse, de tendresse
    Où l’on croit rêver jusqu’au lever du jour !
    Nuits de Chine, nuits câlines, nuits d’amour !

    1. Diane Lecomte

      Elle était attendue, merci !

  4. Dans un désordre de coussins
    Les draps découpaient ton dessin
    J’ai voulu laisser mon empreinte
    J’ai nagé contre ton bassin
    En traçant deux ronds sur tes seins
    Sur tes pointes
    J’ai picassoté sur ta peau
    Et quand j’ai fini le tableau
    J’ai encadré nos amours peintes
    J’l’ai accroché dans mon cerveau
    Sans un marteau, sans escabeau
    Sans une pointe
    En maillot blond sur le balcon
    La lune a shooté son ballon
    Et l’édredon était enceinte
    Je t’ai quittée un peu brouillon
    Sur la pointe de mes crayons
    Sur la pointe

    1. Diane Lecomte

      Eh bien voila qui explique toutes ces insomnies !
      merci Charlie !

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