Il se pourrait bien
qu’une oie sauvage
se soit attardée.
Oui, il se pourrait bien.
Que ses pas dans la neige
laissent une trace
bien plus longue
bien plus profonde
Qu’il n’y parait.
Pourquoi ne fuit elle pas l’hiver
Pourquoi ne pas rejoindre ses congénères
Il se pourrait bien
qu’une oie sauvage
se soit attardée.
C’est son reflet
dans le marbre blanc
que le gel fait de la neige
C’est son reflet
que j’attends
Près de l’eau
de l’eau gelée
que le gel fait d’obsidienne
C’est son reflet
Son reflet c’est la preuve
qu’elle est là
malgré le départ imminent
elle est là
repoussant l’imminence
de son état
de son état de migrante
Qu’est ce qui la retient là
Ne voit elle pas que c’est l’hiver
Il se pourrait bien
qu’une oie sauvage
se soit attardée.
Son plumage gris clair
et son collier blanc
lui donnent cette allure
cette allure souveraine
d’un royaume glacé
qu’elle survole
et peine à quitter
qu’elle survole
et encercle de pitié
C’est la nostalgie de l’été
je le sais
qui la retient prisonnière
la nostalgie de tous les étés
qui s’enfuient sur la terre
et la peur du printemps
qui se paie d’un départ
et la peur de cent ans
donnés au hasard
et la peur de mille ans
donnés à voler
dans le triangle
le triangle en « V »
où il faut se ranger
suivre les autres
pour être sans péril.
Il se pourrait bien
qu’une oie sauvage
se soit attardée.
Alors elle défie l’hiver
l’hiver et son péril
seule elle se pose
elle se pose et se repose
sur le champ de neige
je la vois
et veux lui crier
que le printemps
va la sauver
qu’elle ait confiance
je l’ai baguée…
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