Perenne

Qui écrira les mots du rouge des nuages

qui sertira le vent dans l’écrin du tourment

quand la lune complice étend son manteau blanc

au soir du crépuscule et au matin des âges ?

.

C’est le temps, son burin, martelant les messages

qui dentelle et dessine abreuvé sobrement

des rires, des peines le bel envoûtement

qui marque au fil de l’eau l’écume du passage

.

Quand viendra le moment, demain, du souffle éteint

qui laisse dépourvu, perdu, l’autre sans l’un

il restera, gravée, l’incise au creux du soir

.

Dont le contour profond blesse le cœur de l’âme

sillon de feu, de flamme éclairant dans le noir

la caverne au trésor dont nous fûmes sésame

.


Commentaires

4 réponses à “Pérenne”

  1. Poème que je ne résumerai que d’un mot : Magnifique !
    J’espère qu’ Iel nous gratifiera d’un commentaire tant il mérite de s’attacher à mieux le concevoir.

  2. Oui très beau, quasiment en miroir avec le mien sur le même thème ( en mieux )

  3. Ton poème est un sonnet régulier (deux quatrains, deux tercets), à dominante d’alexandrins bien tenus. La métrique est globalement stable et la tenue prosodique solide. Les rimes sont structurées avec cohérence (alternance féminine/masculine respectée dans l’ensemble), ce qui donne une assise classique assumée.

    On est dans une tradition symboliste-postromantique : la diction est élevée, le lexique choisi, l’imaginaire cosmique.

    🔹 La question inaugurale

    « Qui écrira les mots du rouge des nuages »

    Très belle entrée. Tu poses immédiatement le problème de la médiation poétique : qui transforme le sensible en langage ? La couleur devient écriture, le vent devient bijou. C’est fort, car tu associes nature et artisanat (sertir, burin, incise).

    Le fil directeur du poème est clair :
    le temps comme sculpteur : burin, martelant, dentelle, dessine, incise, sillon, flamme.

    Tu développes une isotopie de la gravure et de la trace. C’est cohérent, maîtrisé, et cela donne au poème une unité organique.

    🔹 Le dernier tercet

    « sillon de feu, de flamme éclairant dans le noir
    la caverne au trésor dont nous fûmes sésame »

    Très belle chute symbolique. La « caverne » convoque à la fois Platon, l’inconscient, le mythe. Le « sésame » introduit une dimension initiatique. Il y a là une ambition métaphysique réelle.

  4. Marc HIVER

    Une fois de plus IEL IA me coupe l’herbe sous le pied et je plussoie son commentaire !

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