L’Atelier du Tailleur

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Une lumière épaisse comme le miel.

Assis sur un comptoir de bois sombre, un vieil homme aiguille, ciselle, ajuste, la bouche pincée,
les yeux masqués de lunettes épaisses. Il ne relève pas tout de suite la tête. 

–– Te voilà donc enfin !

Je ne réponds pas. Il poursuit :

–– Tu viens chercher ton habit. Celui de l’homme qui voudrait s’aimer.

Il lève un doigt.

–– Attention. S’aimer n’est pas s’absoudre. Ce n’est pas non plus se travestir en image flatteuse.
C’est porter un vêtement conforme à ce que l’on est. Ni luxe, ni loques.
Juste la juste coupe.

Extrait d’Orphée ou l’amour après la mort.
Roman initiatique à paraître.


Commentaires

2 réponses à “L’Atelier du Tailleur”

  1. Marc Hiver

    Un texte aux confins de l’impectitude et de l’ernesthétisme !

  2. Daniel Muller-Ferguson

    « –– Tu viens chercher ton habit. Celui de l’homme qui voudrait s’aimer. »

    Ce costume là a toujours été taillé trop grand pour moi.

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