La lune éclairait un champ de pierres dressées.
Immobiles.
L’une d’elles trembla. Se fissura. Finalement tomba en morceaux et laissa découvrir un enfant de huit ans peut-être. D’autres pierres offrirent bientôt une multitude à la clarté de l’astre.
Un menhir pourtant semblait stérile.
Les nouveaux-nés s’approchèrent, posèrent l’oreille contre la pierre. De petits coups secs venaient de l’intérieur mais ne semblaient pas assez puissants pour briser la coquille. Ils fallait lui porter secours, mais comment ?
Ils ne pouvaient le laisser là.
Ils décidèrent de l’emporter et le chargèrent sur leurs épaules. Difficilement ils prirent la route, la pierre était lourde. Dans un chemin creux, ils butèrent sur un éclat d’étoile et le menhir tomba. Les petits coups secs redoublèrent, mais la pierre ne se brisa pas. Le temps leur était compté, ils ne pouvaient attendre l’arrivée du jour, ils durent l’abandonner.
Au matin, alors qu’il se rendait au bourg de Carnac, un homme trouva un enfant inanimé, face contre terre, couvert des débris d’un menhir. L’enfant était vivant, mais amnésique.
La presse locale en fit un entrefilet : Un enfant de huit ans se blesse en volant un menhir. Mais elle ne mentionna pas l’état des cent quatre-vingt autres pierres éparpillées dans le champ.
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