Je suis né sans trop, j’ai grandi sans rien.
Pas de fortune. Pas de destin tracé.
Et c’était mieux ainsi.
J’ai porté l’ambition de mon père sans savoir si elle me convenait.
J’ai effleuré les rêves de ma mère sans les faire miens.
Pas célèbre, pas obscur. Connu juste assez
pour qu’on me reconnaisse sans me déranger.
J’ai souvent pris ce qu’on m’a donné sans demander pourquoi.
J’ai fui ce qu’on m’offrait avec trop d’insistance.
Mais qu’ai-je fait pour être moi ?
Quel temps ai-je consacré à choisir dans ce qui ne m’était pas imposé.
Quelles erreurs n’ai-je pas commises par ignorance – par urgence.
Quels bonheurs – par lâcheté ou passivité – n’ai-je pas su me donner
et apporter autour de moi.
Le moment semble venu de me prendre par l’oreille et d’avancer enfin.
Même mort.
Extrait d’Orphée ou l’amour après la mort.
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