Oyez mes bons amis le doux chant des oyats
s’accordant à la brise au plus haut de la grève
sur les dunes plantées où un beau jour baya
le cri des goélands qui s’affament sans trêve.
Je chante les ormeaux et même les tourteaux
au milieu du varech quand la mer se retire
et que les basses eaux découvrent in quarto
le vélin poétique enroché à mes dires.
La bitte d’amarrage à mon cœur, frêle esquif,
retient mes sentiments en toute déraison
et mes larmes gonflent quelques vers apocryphes
dont je m’émeus enfin trop tard pour la saison.
L’embrun en mes poumons respire sans tarir
l’iode et le vent du Nord afin que nul ne meure
après qu’il a franchi le cap des souvenirs
ancrés au plus profond d’une vie de passeur.
Que les puces de sable, amphipodes côtiers,
sautent sur la chair fraîche étalant ses appas
et piquent les culs blancs des femmes de l’été
avant de nettoyer les ne-m’oubliez-pas.
Mais je sais des moyens pour soulager ta peau
avant que la mer monte et chasse nos ébats
dans les enfoncements et la cache à-propos
de nos amours fortes au son d’une Zumba.
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