J’ai vu des haricots pousser dans le désert,
des femmes sans vertu haranguer le Seigneur,
leurs hommes si petits qu’ils cachaient sous des fleurs
une âme détrempée par la rosée amère.
J’ai senti que l’amour porté à son acmé
cherchait aux alentours un peu de l’utopie,
dans l’espoir idéal de cet autre pays
où seul un opéra imagine Lakmé.
Parfois à la minuit je me demande encore
pourquoi cette nuit noire alors que les étoiles
brillent de tous leurs feux et déchirent le voile
entre nous et le ciel dans un dernier accord.
Et puis le phacochère au cœur de la savane
se méfie de ce buffle assassin, acariâtre,
toujours prêt à charger comme cet idolâtre
admirant sans compter la mort qui se pavane.
Je ne veux pas mourir avant la fin du jour
au coucher du soleil lorsque son rayon vert
tire un trait de folie aux confins de la mer
et que le crépuscule ajuste ses atours.
Moi qui viens de partout, jamais de nulle part,
je m’arroge le droit de partir sans détour
au gré d’une girouette arrimée à la tour
du château que je rêve enchanté sur le tard.
Voici escamotant les délires passés
un tour à ma façon pour que jamais ne lasse
une ironie du sort qui jette dans l’impasse
l’origine du monde au prix de l’hyménée.
Laisser un commentaire