Auteur/autrice : Charlie
-
Mårkvar et ce qui tient
Le lendemain arriva sans prévenir. Il n’avait pas été annoncé. Il n’était pas certain non plus d’être le bon. Le soleil fit un effort. Les ombres suivirent, à peu près. Mårkvar se leva tôt, c’est-à-dire avant que ses idées ne soient d’accord entre elles. Il posa un pied au sol. Le sol répondit présent. ––…
-
Mårkvar et le monde à peu près
Le soleil s’était levé.Ou peut-être qu’il se couchait.Les ombres, en tout cas, discutaient entre elles.Le sable faisait des châteaux plus grands que nécessaire. Mårkvar marchait vers son manoir,ses chaussures légèrement en retard sur ses pieds.Kåthrïn le suivait,tirant derrière elle un peu de ventqui ne voulait pas choisir de direction. –– Tu vois ? dit Kåthrïn.––…
-
Mårkvar et le Chemin des Douåniërs Déchaînës
Alors que la mer gloussait, que le vent prenait les girouettes et que la Roche se laissait lécher le Blanc par une vague qui insistait, Mårkvar et Kåthrïn avançaient sur le Chemin qui suivait la côte, s’en écartait, revenait comme s’il avait oublié quelque chose. On entendait la mer sans la voir. Mårkvar mâchonnait ses…
-
Le jour où Mårkvar a tenté de discipliner la brume
Du haut de sa tour, Mårkvar fouillait l’horizon. Il cherchait Blanche-Roche. La mer était là. Mais pas à sa place. La Roche non. — Je n’ai rien fait, dit la Manche. Mal rangées. Quatre défaites de mouettes depuis le naufrage. Trente tonneaux de cidre. Plus une goutte d’hydromel. Les Aujårds dérivaient. Lentement. Mais sûrement. Deux…
-
Mårkvar et la Réconciliation Impraticable
— Assez ! Le bistrot de la mère Bœuckly.Règlement de comptes. Dans la tête de Mårkvar,le brouillard avait mis ses lunettes. Il devait prendre une décision.Une décision droite.Celle d’un chef. — Nous devons nous entendre ! Dans les moques,le cidre hésita entre rire et désapprobation.Les consommateurs présents applaudirent. Debout sur une table,Mårkvar pointa du doigt…
-
Lupins du Cotentin
Nous, qui sommes lupinset parlons entre nousnotre propre langageinconnu des horsains qui passent prés de nouset ne l’entendent pas,sautons à quatre rimespour les mieux dévorer des joies de notre vie,vraie ou imaginaire.Ne nous pointez du doigt :le doigt rompt le passage, nous disparaîtrionsde votre imaginaire.Mais si vous nous parlez,alors nos vers s’écartent et vous pourrez…
-
Mårkvar et la guerre des mouettes
Odin contemplait, songeur, le fond de son triskèle. Vide. – Je m’ennuie ! Pleurnicha-t-il Loki, pour lui plaire, pissa dans les nuages. Mårkvar, du haut de sa tour, observait une nuée de mouettes jouant aux chevaux de bois au-dessus de Blanche-Roche. Sous la pluie de Loki, les mouettes devinrent folles. Elles fondirent sur le manoir.…
-
Gloire à Mårkvar aux soixante-quinze vetr.
Les dieux, là-haut perchés, ont repris la pétanque.Thor vise la Grande Ourse.— Alors, ce vieux Viking ? demande Loki narquois.— L’a troqué l’hydromel contre le jus de pomme,répond Odin moqueur en vidant son triskèle. Car Mårkvar, le gaillard, pille désormais les caves,fait des petits bâtards à ses alexandrins,du haut de son manoir, pipe au bec,…
-
Seul aujourd’hui existe
Narguer le temps qui vole, ment et nous pétrit. Rire des jours qui passent,ignorer ce qu’ils enseignent. Qui croit aux leçons se trompe ;un aveugle suit un aveugle,et tous deux tombent dans l’oubli. Hier triche,demain trompe,encore fraude,et le monde s’épuise. Seul aujourd’hui existe.
-
À table !
Avant, toute froissée d’une toile cirée, j’offrais à mes convives du vin dans des verres sales, un rouge tord-boyau qui leur lavait la dalle, leur ruinait l’esprit et leur foie sinistrait, comme le firent les Vandales d’un empire en déclin. Onaro, le vin des costauds. Aujourd’hui toute lisse, ma surface ikéé, dans de propres gobelets…
-
Autobiographie approximative d’une poule de clocher
Le ciel avait mal dormi. Les nuages bâillaient. Le zinc des gouttières faisait grève. Sur un toit de Touraine, le vent, ce stagiaire zélé de l’Histoire, révisait ses éléments de langage. C’est sous ce toit qu’un Gepetto forgeron, m’accoucha d’un cuivre obstiné. Il me fit coq. Pas par mérite. Par filiation. M’offrit une crête comme…
-
Le bal des ego
Goutte de trop dans ta coupe d’utopie, tu parles fort, tu crois saisir l’ensemble — le monde esquisse un sourire discret : hubris, Tu griffes le ciel, tu te prends pour dieu, ta plume effleure le vide, des bulles de sens s’échappent de ton nez Ton trône de vers tangue sous ton poids, ta gloire…