Catégorie : charles – collection rouge 2025
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La fable du ruissellement
Descendant direct d’une bergère et d’une cruche optimiste, Empereur du pondoir, Napoléon des nids empilés, Perrot parlait aux poules comme on parle aux nuages : — Poules, vous vivrez. — Poules, vous compterez. — Poules, vous pondrez. Les poules hochèrent la tête. Certaines perdirent une plume. D’autres l’espoir. Perrot bâtit son palais vertical : le…
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Vendredi 13 ou la très scandaleuse et parfaitement approximative saga de Mårkvar, le Mal-Aimanté
Le ciel avait trop bu. La mer mâchonnait ses vagues. Les dieux jouaient à la pétanque avec les constellations. Mårkvar, chef viking taillé pour le hasard, debout sur son drakkar, déployait ses rêves comme un parasol troué : — Angleterre ! Pillage ! Gloire ! Trompettes ! — Et peut-être même un fish and chips,…
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L’utopie
L’utopie On la confond volontiers avec un zinzin pour gens fatigués. Elle n’est pourtant pas l’illusion naïve qu’on caricature. Plutôt une trajectoire qui dérange. Désir d’ouvrir d’autres possibles quand la raison a fait son temps dans les cimetières bien tenus. Mise en danger de soi. Abandon du confort. Marche sans garantie. À peine une voix.…
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J’ai aimé, j’aime et j’aimerai
J’ai aimé. Sans trop savoir pourquoi. Des visages, des voix, des mains et des baisers ont comblé mes attentes, m’ont apporté la joie. Je rends grâce au passé de tout ce qu’il m’octroie. J’aime. Ce que je connais. Les gestes minuscules et le peu que je sais. Avec entêtement, j’observe ce qui se fait, accepte,…
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Quixotte
Don On l’a vu arriver. Mal bâti. Bavard. Ça mettait mal à l’aise. On lui a expliqué. Longtemps. Il a écouté. Puis continué. Il parlait comme un tract. Des mots trop grands pour lui. On a dit : il se prend pour quelqu’un. Aux moulins il a foncé. Poitrine découverte. Certains ont parié. Il est tombé.…
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Paris, son nombril
Lui qui se prend pour la France. Paris vautré sur sa Seine, érectant de sa Tour un majeur, au nez de son passé. Paris une avenue, trois trottoirs, deux cafés, l’univers vu de biais. Paris qui certifie que le monde commence aux bouches de son métro. Paris, mon vieux Paris. Toi qui penses pour les…
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L’escrocœur
Un avenir se meurt d’avoir trop donné.On vient encore à lui comme on s’adresse à ce qui tient debout par devoir. Une jeune fille qui n’a rien reçu, sinon le temps devant elle, lui demande : — Que puis-je faire pour toi. ?— Me donner ton cœur. Le mien est usé. Avec un autre je…
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L’Ahlala !
Aux premières lueursla bête, dans sa couche, pète. Elle s’ébroue,s’étire,se lève. Titube.Trouve le trou. Libérée,elle retrouve une certaine aisance.Elle pense.Envisage sa journée. Et lâche son cri : Ahlalaaaaaaaaa ! Les araignées s’affolent.Le poisson rouge se terre.Les nuages presséss’exemptent. La bête s’asperge.L’eau emporteles souillures de la nuit. Elle se décrasse les dents,rase ses poils,pisse dans le…
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Nos jours d’été
Nos jours d’été passaient trop vite sur la plageoù courait un vent frais, où se baignait la Manche ;l’eau nous mordait la peau, nous hurlions de rires clairs. Marc, Thierry, Jean-Pierre, Béatrice et Hélène,et moi parmi les autres, liés sans se nommer.Le temps allait tout droit, sans nous demander rien. Au printemps, Marc tramait des…
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Comme i(e)l parle, ma main …
Il interdit, il tranche, il dit moi, il dit non, Planté dans le réel,Exclamation charnelle,Oh ! L’index. Il mesure, il est axe et verticalitéPeut être transgressifAlors insulte muetteLe majeur ! Il sait vivre aristo et gamin à la fois.Jamais il ne commande,Parfois même il suggère,L’auriculaire . S’il est lien, l’annulaire ne sert pas à agir, Mais il…
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Ma puritaine à moi
Austère, intransigeante, sévère, compassée,mais si tendre parfois;dure, rigoureuse, spartiate, rigoriste, guindéemais aimante à la fois,telle pourrait être celle qui saurait faire de moiun homme rien qu’un homme qui la tienne dans ses bras. Mais à trop afficher un style atrabilairequi lui brouille le foie,à vouloir singer les précieuses de Molière,version le woke et moi,je préfère…
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Mourir pour tes idées
Strophes inspirées de l’oeuvre de Brassens en réponse à un ami auteur qui opposait, par maligne provocation, l’égoïsme des retraités au risque de chômage des jeunes lors de la crise sanitaire du Covid 19 . Il concluait, non sans ironie, lui-même n’étant pas de la dernière averse, que la pandémie ne supprimerait que de vieux décrépits.…