Catégorie : marc -collection rouge 2025

  • Quand le Henri est mort

    Quand le Henri est mort, on avait tous compris qu’il ne reviendrait pas ; mais quant à Dracula, on avait deviné qu’il nous ferait du tort. Et ça n’a pas manqué : dès que la nuit tombait, hors sa crypte maudite il arpentait la lande en cherchant la petite afin de la saigner. Alors moi…

  • Le complotiste amoureux

    Et si la Terre est plate, pourquoi la femme a des rondeurs ? Et si le World Trade Center s’est écroulé par une frappe, pourquoi l’homme en déréliction affiche en vrai ses érections ? L’homme est-il allé sur la lune ? Car les Ricains nous font la pige ! Pourtant les vénus callipyges ne comptent…

  • Voussures de l’azur

    Voussures de l’azur, nuages en lambeaux comme autant de lambris où mon esprit s’égare sculpté sur les tympans jusque sur les linteaux vous faites ciel de lit d’un cœur pur qui s’empare des rêves de la nuit eux-mêmes en fragments quand sonne le réveil et que le tintamarre de la vie sans retard oblige les…

  • Je voudrais croire en Dieu

    Je voudrais croire en Dieu, mais je n’ai pas la foi, alors du paradis, on fermera la turne et pourtant de la table en respectant la loi je ne mérite pas qu’on me casse les burnes ! Je ne ferai pas de brouillard dans le biniou et j’arrêterai céans de faire le zouave ; qu’on ne…

  • Rimes embrassées

    Ô rimes embrassées, connaissez-vous mon cœur qui s’accroche à l’amour dans l’espoir d’être heureux ? Lors que coquecigrue et dragon par le feu embrasent le nuage au firmament — tu meurs ? Si tu me dis encore à l’orée de la nuit attendre d’une étoile en sa constellation une clarté farouche avec toute passion, je…

  • Voyageur infatigable

    En voyageur infatigable j’ai vu des terres inconnues parfois même pas très aimables, mais toujours avec l’âme émue. Bien sûr je me suis arrêté à Carentan fors Isigny ; le Couesnon, ne l’ai pas passé, au Mont-Saint-Michel j’ons resté. À Saint-Hilaire-du-Harcouët Et à Villedieu-les-poêles pour votre bien je vous souhaite d’y aller faire la part…

  • Le sens de la vie

    Pourquoi voudriez-vous que la vie ait un sens ? Bon Dieu ! un sens de quoi si j’ose m’exprimer ainsi ? Je ne sais que le désir sans défense dans sa fureur de vivre, inspir du verbe aimer ! J’en parlai à mon chat, un modèle de vie toujours dans le tempo, par la grâce…

  • A pas de loup

    Je vais à pas de loup où seul un vent de mer fait qu’en ces flots de feu se brûle un peu le fou dont je suis par ce temps le plan d’eau et de guerre lors que les pleurs du ciel ont pris le pas sur nous. Tu vois, toi bien trop gai, qu’il…

  • Rut à Bahia pour OSS 117

    L’amour souffle à Bahia un délicat zéphyr qui torture nos sens et les voue au martyre comme il n’est pas permis, la baie de tous les seins quand la samba délire, ô fête, bats ton plein ! L’homme sur son tambour y joue avec sa queue un rythme lancinant quand la femme se meut, costume…

  • Cherbourg, transe maritime

    Quand le train entre en gare au terme d’un voyage avec pour tout bagage une envie qui s’égare de retrouver le port pour un nouveau départ vers un lointain à part sans risque de naufrage ; quand la rade au plus fort des cris du goéland en ce pays normand où le ciel n’a pas…

  • Le bien, le beau, le vrai

    Du temps qu’il faisait beau et que tout allait bien nous étions dans le vrai. Au printemps les oiseaux chantaient des airs anciens et nous vivions au frais. Le soleil levé tôt éclairait — ô combien ! l’hétéro et le gay. Ta peau contre ma peau dans de doux va-et-vient au branle s’adonnait. Le merle…

  • Un vol de femmes nues

    Un vol de femmes nues par dessus la maison se posa au jardin parmi les frondaisons et le pin parasol sous le soleil brillait lors que sur un transat à sexte je priais. Jamais je n’avais vu autant d’anges fessus de toutes les couleurs en descendant des nues, d’un charmant paradis, ces oiseaux à mamelles…

  • Vendredi 13

    Mon film débuterait en deux mille vingt-six et comme par hasard au mois de février, un beau vendredi treize où j’aurais acheté ce ticket de loto et mon mêlé-cassis. En mon for intérieur, je sens le jour de chance et que je vais gagner de quoi vivre ma vie au nez, à la barbe de…

  • Le petit pauvre type

    Je suis, je vous l’avoue, un petit pauvre type, un pourceau d’Épicure, une petite chose, une chiure de mouche empâtée de la prose, un vers dans l’univers banni de tous les sites. Je ne vaux même pas la corde pour me pendre, encor’ moins les amis toujours trop bienveillants qui pleurent de me voir disperser…

  • Le bagad de l’amour

    Je jouais du biniou, elle de la bombarde et nous vivions heureux avec quelques amis à former un bagad au cœur pur et ravi où l’amour en pilou renouvelait nos hardes ! Cénobites du diable en notre phalanstère, communauté soudée autour de ses sonneurs qui planaient dans l’éther afin que nul ne meure sans jamais sacrifier…

  • Nostalgie du futur

    Nostalgie du futur, l’avenir ne vient pas mélancoliquement, hélas ! je me souviens — et malgré qu’on en ait — de la vie qui tiendra si le temps me rattrape en un ultime lien. Du passé je me moque et le présent m’ennuie, mais je garde à l’esprit n’en déplaise aux fâcheux des bribes de ce…

  • Grand Paris – Marc Hiver – chanson

    Paris, tu la vis ta vie, maisRis pas si j’te dis qu’à ParisDe la Bastille à Saint-DenisTu te propulses loin des quais.De Charenton à La Défense,On enjambera la CeintureVers la banlieue où tu conjuresPar tes baisers tout’ma défense ! Tous les ponts du périphériqueSe panament jusqu’aux faubourgs,Le Grand Paris de nos amours,On y danse sur ses musiques. Paris, tu vis…

  • Une si douce chaleur

    Une douce chaleur envahissait mon corps de la petite mort dont je n’avais pas peur comme si le bonheur qui n’était pas mon fort me donnait enfin tort au milieu des vapeurs. Un parfum enivrant vibrait dans l’air du soir et contait sans histoire par l’écume du temps le peu qui reste au vent pour…

  • Formidable est la nuit

    Formidable est la nuitoù tous les chats sont gris ;où le moindre clichédans mes vers s’est niché. J’ai lu des parabolesdont la courbure folled’un texte peu badinsublimait un matin. Une muse en nuisettese croyait à la fêtealors que mon soucirestait inassouvi. Combien de jolies notes,combien de Gelinotteshuppées chantent la joieen s’ébrouant parfois ? Et puis il…

  • J’ai vécu dans un château en Ecosse

    J’ai vécu en Écosse, au pays des fantômesaprès bien des années passées en Cochinchineà partager le riz — quelques grains dans la paume —quand j’héritai sans frais d’une vague cousine. Dans ce château en ruine à deux pas du Loch Ness,l’ivresse du whisky et des ombres portéespar un feu languissant qui me gelait les fesses,j’entendis…

  • Trublions de l’an neuf

    Trublions de l’an neuf, espérez-vous encoreen l’idéalité des prémices d’un soirquand sonne le tocsin où chacun donne à voirune mort en partage et l’alliance des forts ? Si j’osais, je dirais que le printemps m’effraiede porter en son sein les fruits des Hespéridespour peu que son jardin se vautrât dans l’humided’une eau de saleté filtrée…

  • Le héron des marais de Carentan en Cotentin

    Il faut que vous sachiezqu’un jour un échassierarpentant le marais— où moi-même ramaissur la Douve jolietout près de mon logis —m’embrouilla de ses diresau cœur de mon désir. Ce héron qui vaquaitsur cette boue qu’avaitune odeur maléfiquede l’âme faméliqued’un Cotentin charmantpour un être marchanty alla de son chanten poussant la chanson. Que la presqu’île est…

  • A la saison du rut

    À la saison du rut, le printemps revenu,sur les Champs-Élysées, des hommes bien sapésroucoulent des mots doux aux belles inconnuesqui traitent de relou leur drague sans doigté. Et aux parfums des fleurs se mêlent les hormonesdans un charivari de ce sens génésiqueque transporte le vent chargé de phéromonespour enchanter l’amour par des gestes gnosiques. Sur…

  • Entre ici et ailleurs

    Je suis né quelque part entre ici et ailleursdans un espace-temps où il fait bon flânervers ce je-ne-sais-quoi au milieu des senteursqui embaument ma vie pour une éternité. Une étoile me guide avec aménitésans souci du détail, mais avec euphoriesi une comète troue un beau ciel d’étécomme un signe éclatant dont se joue l’euphonie. Donc…

  • Salonique, nid d’amour

    Je me souviens de Saloniquece jour où je revis Monique.Moi, j’étais toujours pathétique ; elle virait dans le mystique. Rime empêtrée dans la rythmiqued’un flot continu volcanique,mes vers y perdaient leur musiqueau mépris de la poétique. Pourtant je les dois à Monique,– dame de cœur, dame de pique –mes larmes comme un romantique. La poudrière…