Catégorie : marc -collection rouge 2025

  • L’esprit de l’utopie

    Il pleuvait et j’avais épuisé tous mes rêvesd’enfant. Lors, la camarde osa me demanderpourquoi ne pas tenter une ultime odyssée :retrouver en enfer mes rencontres trop brèves ? Enfer et paradis ? Fadaises dont je ris !Un couteau de cuisine, mon tour operator,taillada derechef jusqu’à ce que les poresde ma peau suintassent, m’exonérant de vie. Quelle surprise pour moi,…

  • Petit poème biblique apocryphe à la manière des Grands Rhétoriqueurs des XV-XVIe siècles

    En tant de poèmes d’Hiverje vous offre deux fois dix verssur le désert et sur Marieet sur son auguste mari.Juché du haut de son chameauJoseph ne lui arracha mot.Le charpentier à l’œil grivoisdit : le ciel est gris, vois,c’est pour ce soir l’évènement,car Yhavé qui jamais ne mentnous annonce son arrivéeet qu’en croix il mourra,…

  • Morocco

    J’étais à Morocco le jour où il advintque je croisai la lune à deux pas du soleildans un espace-temps troué en nid d’abeilleavec pour tout bagage un signe du destin. Je vis en majesté la Reine de l’Atlassur un tapis volant à moins qu’il fût persanm’invitant sans détour par ses yeux khôl perçantà rejoindre céans…

  • La fonction de l’orgasme

    L’orgasme, sans nul doute, est un bien précieuxqui transporte le corps et enflamme les yeuxdans un espace-temps où la chose érotiqueen ses équations transcende le quantique ! Il dure ce que dure un désir apocryphesur les bancs de l’amour aux parfums de sa griffeet n’entendez-vous pas que ses accords majeursconfondent en ses rets le bonheur au…

  • Grotesque, vous avez dit grotesque ?

    Grotesque ? Tu sembles ridicule, bizarre,risible au demeurant, parfois mêlé d’effroi.Et pourtant je t’admire ô ma tête de l’art— Théophile Gautier dans la Vallée des Rois ! J’aime les grimaciers et leurs difformités !Lors un Quasimodo me paraîtra sublimequand un vers dépoli sur ses tout petits piedsfoule en terre inconnue et scande fort la rime. Non !…

  • Concordance des sexes

    La femme l’est-elle jusques au bout des seinset l’homme bien trop lourd du poids d’un cheval mort ?Les marins d’Amsterdam pissent-ils dans le portsur la femme infidèle et sans ronger leur frein ? Une chanson d’amour nous fait rêver toujoursà la délicatesse au cœur des sentiments,au charme suranné sur la flûte de Pande ces doux corps-à-corps privés…

  • La princesse de Dur-Écu

    La princesse de Dur-Écume fit, ma foi, le grand honneurde lui procurer ce bonheurà l’ombre du mari cocu. J’étais un jeune jouvenceauempreint d’idéal et d’amouret je portais tout mon secoursà la dame avide de mots. Des promenades en calèchesur les bords du lac de La Tesseet des soirées enchanteressesnous embrassaient pendant la fraîche. La nuit…

  • Il neigeait sur le Potomac

    Il neigeait en tempête sur le Potomac,treize janvier mille neuf cent quatre-vingt-deuxsur le vol quatre-vingt-dix. Prenant place en queuede l’appareil, j’étais ravi du tomahawk acheté le matin dans la réserve indienne,non loin de Black Hills de triste memoryquand George Crook de ses effectifs y perditune moitié au cours des guerres indigènes. Notre Boeing 737 d’Air…

  • J’ai rêvé cette nuit

    J’ai rêvé cette nuit que j’étais admirableet comme le lapin dont on vante le râbleje m’en vas de ce pas parchin me mettre à tableafin de vous narrer une si jolie fable. Fourquette de Théville, une omelette au lardavait rempli ma panse et malgré qu’il fût tardun café arrosé fit de moi l’être à partqui…

  • D’amour ou d’idéal

    Avec mon baluchon d’amour et d’idéalj’avais repris la route escarpée et sauvagequi mènerait tout droit au pays de santaloù le parfum se mêle à un tendre ramage. Au loin, crêpés de blanc, des sommets de vertusemblaient trop éloignés pour un être fugace,mais moi je devinai — à ce qu’il m’apparut —que c’était à portée de…

  • Dieu reconnaîtra les chiens

    Dieu reconnaîtra les chiens.L’ayant bien compris, j’aboie,je jappe et puis tout en joieje m’ébroue en bon chrétien. Esgourdez, vous, les humains,pour aller au paradissuivez mézigue, pardi !en marchant droit sur les mains. Certains oiseaux l’ont saisiqui imitent le caninen modulant leurs lazzis. Disant ça, je ne dis rienet tant pis pour les païens :Lucifer connaît les…

  • Bison et zombie

    Les copains du bison en verlan l’appelaientzombi, mais l’homme après la Grande Catastrophevit surgir des zombies que par peur on nommaitbizons quand ils rimaient au détour d’une strophe. La poésie restait au cœur du cataclysmel’exutoire frileux de qui sait que la mortrodait dans le dédale en son vain pessimismed’une fin annoncée sans ironie du sort.…

  • Un peu de vague à l’âme

    Un peu de vague à l’âme et tant de souvenirs envahissent mon cœur au détour d’un guéret où sommeille en jachère un triste repentir de ce que fut ma vie du temps d’avant l’arrêt, car la bombe atomique a rasé nos villages et même le lavoir ne peut plus accueillir dans l’eau lourde à jamais…

  • Je serai très précis

    Je serai très précis quant au temps qu’il me faut pour gagner l’utopie n’en déplaise à la mort dont nous ébrécherons le tranchant de la faux avec un tant soit peu de plaisir, mi amor !   Ma vie en trompe-l’œil se décline au présent se moquant du passé, abjurant l’avenir comme si à jamais on…

  • Le calligramme du Bordeaux clairet

    Vin Fin Décanté Encarafé In vino véritas Si de guerre lasse Ce Bordeaux clairet Qui enchante le palais En titillant nos papilles Va  dilater les pupilles Au nom d’une santé Ès temps passé À tant survivre De toi ivre

  • La Chasseresse

    On l’appelait la chasseresse, mais au fait quel était son nom ? On l’accusa la pécheresse pas comme il faut, comme un poison.   On dit qu’elle aurait disparu après une mauvaise blague. Alors ses muses se sont tues et elle ne fait plus de vague.   Depuis l’on cache son prénom sauf si l’on…

  • Les trois bannis

    Trois bannis ont été exilés pour toujours d’un douar qu’ils avaient nourri au fil des ans de leur vivante poésie malgré le temps où ils pensaient œuvrer à des Belles-de-jour.   Communauté, partage, on croyait à l’amour des lettres sublimées vers quoi un doux penchant semblait ouvrir le cœur à jamais palpitant alors qu’un vent…

  • Le vœu du barde

    Il pleuvait. J’avais froid et faim. Et pourtant j’étais si heureux En portant mon regard au loin : Je me surpris à faire un vœu !   Et l’horizon, s’il m’en souvient, Se bouchait, éteignant la Terre Où une cohorte sans fin De nuées harassait les airs.   Que mon vœu se réalisât, J’eusse été…