À la saison du rut, le printemps revenu,
sur les Champs-Élysées, des hommes bien sapés
roucoulent des mots doux aux belles inconnues
qui traitent de relou leur drague sans doigté.
Et aux parfums des fleurs se mêlent les hormones
dans un charivari de ce sens génésique
que transporte le vent chargé de phéromones
pour enchanter l’amour par des gestes gnosiques.
Sur la fière avenue, le poète est un roi
quand il croise un regard et partage ses vers
avec la Dulcinée enrubannée de soie
aux rimes embrassées frisant le métavers.
Le quidam prosaïque aura, lui, pour atout
ses fesses pommelées sous un jean ajusté
qu’un coup d’œil ingénu d’une dame debout
lui décoche impromptu avec aménité.
Lors, Place de L’Étoile, une flamme amoureuse
embrase en un instant la foule bigarrée,
meetique rendez-vous des attentes nerveuses
dont tous les fluides suivront la logorrhée.
Je ne me lasse pas, attablé en terrasse
comme un simple badaud devant son café crème,
de les dévisager ces fêtes ou foirasses,
corps en suspension sans descente du lemme !
Et je comprends enfin combien le temps qu’il fait
peut changer une vie, vider le désespoir
en purgeant les humeurs de l’esprit contrefait
dont on attend le pire à la tombée du soir.
Et pourtant, moi, j’ai vu certains gardes mobiles
se joindre à la manif et se déshabiller
afin de copuler en troquant leur babil
pour un alexandrin propice à l’hyménée.
Toi qui vis en banlieue tu trouveras aussi
place de ta mairie des parades d’amour
en buvant un coca au tabac des amis
quand la pluie en miroir te sera d’un secours.
Hommes et femmes, gays, lesbiennes et trans,
et pour tout autre sexe, il est sûr qu’on verra
des cupidons coquins entamer une danse
où la flèche en plein cœur à ravir siéra !
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