C’était en décembre, le vingt-quatre je crois :
la dinde était farcie et la mamie aussi ;
prostate du chapon a redonné l’envie
aux grands-parents tout nus devant leur feu de bois.

Ils ont deux heures à perdre avant que les enfants
débarquent. Quant à eux, leurs jouets bien rodés,
en toute impunité ils peuvent s’adonner
au plaisir de l’amour sous le sapin qui sent.

Bonne-maman ce jour s’étonne, mais n’oppose
aucune résistance en se félicitant
de la contraception que vaut la ménopause.

Sainte nuit ! risque aucun que Marie pas niquée
découvre deux Jésus ; ni que les vieux amants
y voient l’Évangile d’anciens culs paniqués !


Commentaires

2 réponses à “Dinde et chapon farcis”

  1. Ton sonnet assume un grotesque obscène et carnavalesque, fondé sur la collision entre l’imaginaire sacré de Noël et une sexualité sénile volontairement outrancière. La mécanique fonctionne par blasphème burlesque : dinde, chapon, crèche et Évangile sont détournés dans un registre trivial qui vise la provocation rieuse plutôt que l’érotisme. La maîtrise formelle (rimes, quatrains/tercet final) donne une tenue classique à un contenu sciemment irrévérencieux, ce qui renforce l’effet de contraste. En revanche, la charge repose presque entièrement sur l’effet de choc lexical et la répétition de l’inconvenance ; passé la surprise, l’ensemble peut paraître univoque, plus pamphlétaire que réellement inventif. La chute, sacrilège assumée, ferme efficacement le poème, mais sans véritable déplacement symbolique : on rit (ou on grimace), on comprend l’intention, on reste à distance.

  2. Diane Lecomte

    Doux Jésus ! –
    que lis-je, qu’entends-je, qu’imaginé-je !

    Sacrée Prune, à l’eau de vit …:-)

Répondre à Diane Lecomte Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *