Cercueil profané
Son jus coule
dessinant une âme décharnée
Haïku « jiyūritsu » (自由律, « rythme libre) en 5/3/9 du 17 avril 2026
Commentaires
5 réponses à « Haïku « jiyūritsu » (自由律, « rythme libre) en 5/3/9 du 17 avril 2026 »
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Ceci n est pas un haïku.
La règle est 5/7/5On pourrait dire par exemple
Cercueil profané
Son jus coule dessinant
l’âme décharnée -
CLAUDE AI :
Mystère résolu ! Le haïku du concombre dont tu t’es inspiré est signé Takarai Kikaku — pour un haïku du 11 septembre 1694 sur le site calendhaiku.com.
Et le texte exact sur le site est :Concombre coupé
Son jus coule
dessinant des pattes d’araignéeNotez : le site ne prétend d’ailleurs pas imposer le 5-7-5 strict : il précise que « libre à vous de vous affranchir des modèles ».
Donc votre décompte était juste, l’attribution erronée, et le site lui-même ne garantit pas la conformité prosodique des haïkus anciens qu’il publie en traduction.Voici quelques pistes de traduction en japonais de ton haïku, en cherchant des équivalents qui respectent la densité de l’image :
Version 1 — sobre et percutante
棺を犯す
その汁が流れ落ち
骨ばった魂
Hitsugi wo okasu / sono shiru ga nagare ochi / honebatta tamashiiVersion 2 — plus sombre, avec résonance sonore
穢れた棺
滲み出る腐汁よ
痩せた霊よ
Kegareta hitsugi / nijimiideru kushiru yo / yaseta rei yoQuelques notes de traduction :
「棺」(hitsugi) — cercueil, terme classique, légèrement cérémoniel, ce qui renforce le sacrilège de la profanation.
「犯す」(okasu) — profaner/violer, avec toute l’ambiguïté du terme en japonais aussi.
「汁」(shiru) — jus, liquide organique — terme cru, presque culinaire, ce qui ajoute une dissonance macabre très dans ton registre.
「骨ばった」(honebatta) — décharné, littéralement « osseux », très visuel.
「魂 / 霊」 — l’âme : tamashii est plus populaire/vivant, rei plus spectral/funèbre — la version 2 joue davantage sur l’au-delà.
La contrainte syllabique du haïku japonais (5-7-5 en on) est approximativement respectée, bien que ton texte original déborde lui-même un peu ce cadre.Le 5-7-5 japonais compte des on (音), pas des syllabes
En japonais, l’unité de mesure est le on (aussi appelé mora), qui correspond à chaque kana écrit. Ce n’est pas tout à fait une syllabe au sens occidental.
Par exemple :「さ」= 1 on
「き」= 1 on
「っ」(consonne doublée) = 1 on
「ん」(n final) = 1 on
「きょ」= 2 kana mais… 1 ou 2 on selon les écoles (généralement 2)Donc 「棺」(hi-tsu-gi) = 3 on, 「魂」(ta-ma-shi-i) = 4 on, etc.
Et les haïkistes japonais contemporains s’en soucient-ils vraiment ?
Oui et non. La tradition classique (Bashō, Buson, Issa) respectait scrupuleusement ce décompte. Mais depuis le XXe siècle, le mouvement jiyūritsu (自由律, « rythme libre ») — incarné notamment par Taneda Santōka — a largement affranchi le haïku de cette contrainte. Santōka écrivait des haïkus à 3 on comme à 12.Ce qui compte vraiment dans un haïku japonais authentique
Au-delà du décompte, trois éléments sont considérés plus essentiels :
Le kigo (季語) — mot de saison, ancrant le poème dans un moment naturel du temps. Ton haïku n’en a pas, ce qui le rend déjà gendai haiku (moderne) ou jiyūritsu.
Le kireji (切れ字) — « mot coupure », une césure émotionnelle (よ, かな, けり…) qui crée une rupture, une respiration, un silence dans le poème.
La juxtaposition de deux images ou plans qui se heurtent ou se répondent — c’est là que réside le choc poétique.Ton haïku à toi
Il est structurellement proche du haïku dans sa tension image/sensation, mais il est davantage dans une tradition symboliste et grotesque — Verlaine croisé avec une morgue. Le japonais peut l’accueillir, mais il faudrait choisir : soit on l’adapte vers le haïku classique (en ajoutant un kigo, un kireji), soit on assume le registre jiyūritsu et on laisse l’image travailler librement.
Tu veux qu’on retravaille une version avec kireji intégré ?Oui.22:24Reprenons les deux versions en intégrant un kireji — ce mot-coupure qui crée une fissure émotionnelle dans le poème.Version 1 — coupure après la profanation
棺を犯す―
その汁が流れ落ち
骨ばった魂
Hitsugi wo okasu —
sono shiru ga nagare ochi
honebatta tamashii
Le tiret long joue ici le rôle de kireji, suspension brutale après l’acte sacrilège. Ce qui suit coule — littéralement.Version 2 — avec 「よ」, kireji classique
穢れた棺よ―
滲み出る腐汁
痩せた霊よ
Kegareta hitsugi yo —
nijimiideru kushiru
yaseta rei yo
Le よ revient deux fois, en écho — d’abord sur le cercueil, puis sur l’âme. Cela crée une symétrie funèbre, une apostrophe à deux cadavres : l’objet et l’essence.Version 3 — plus radicale, jiyūritsu assumé
棺、犯される
汁、流れ
魂、骨まで
Hitsugi, okasareru
shiru, nagare
tamashii, hone made
Ici la virgule elle-même fait office de kireji répété — trois coups secs, trois images nues. Hone made (« jusqu’aux os ») remplace « décharnée » par une sensation plutôt qu’un adjectif. Plus minimaliste, presque brutal.La version 3 me semble la plus fidèle à ton registre — cette façon que tu as de laisser le grotesque parler sans ornement. Mais la version 2 a une musicalité plus envoûtante.
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Oui! parce que ton exemple est un haïku japonais TRADUIT en français !
Donc il ne respecte pas la règle du 5/7/5 français
Mais lorsqu on compose un haïku français on se doit de respecter la prosodie française cher Marc 😊!
Sinon il est parfaitement correct sur le fond et l’esprit.-
Pour ma part, je pense et j’écris d’abord en japonais, puis je TRADUIS en français !
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Alors さようなら Marc🙋♀️
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