La princesse de Dur-Écu
me fit, ma foi, le grand honneur
de lui procurer ce bonheur
à l’ombre du mari cocu.
J’étais un jeune jouvenceau
empreint d’idéal et d’amour
et je portais tout mon secours
à la dame avide de mots.
Des promenades en calèche
sur les bords du lac de La Tesse
et des soirées enchanteresses
nous embrassaient pendant la fraîche.
La nuit après que Cupidon
nous a entraînés à la faute
dont nous réparions à voix haute
l’égarement par du Didon,
je savourais le paradis
d’un désir demeuré intact
comme si en mon cœur un pacte
dirigeait notre vie, pardi !
Le temps passe et les doux printemps,
quand les giroflées se réveillent,
réactivent ce goût de miel
des baisers du presque charmant.
Le ciel ne va pas sans orages
aux éclairs des vraies passions,
au tonnerre de l’alcyon
nidifiant loin de nos plages.
Alors la terre après la pluie
exprimait ses plus forts parfums
et nous marchions main dans la main
sous l’azur dégagé qui luit.
La princesse de Dur-Écu
s’est retirée en son château.
Quant à moi, son vieux jouvenceau,
je vis mon heur de tape-cul.
Lors, quand ma goutte le permet,
je me plante au pied de la tour
et ma bombarde des beaux jours
sonne à ses pieds le guilleret.
La dame fait-elle le guet
entendant le barde amoureux
qui ne s’y trompe dans son vœu
d’escalader le pierrelet ?
Toi, le lecteur impénitent,
pardonne au roi des Rocamboles
d’avoir au temps des amours folles
oublié sa rose des vents.
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