Aux premières lueurs
la bête, dans sa couche, pète.
Elle s’ébroue,
s’étire,
se lève.
Titube.
Trouve le trou.
Libérée,
elle retrouve une certaine aisance.
Elle pense.
Envisage sa journée.
Et lâche son cri :
Ahlalaaaaaaaaa !
Les araignées s’affolent.
Le poisson rouge se terre.
Les nuages pressés
s’exemptent.
La bête s’asperge.
L’eau emporte
les souillures de la nuit.
Elle se décrasse les dents,
rase ses poils,
pisse dans le lavabo.
S’habille prêt-à-plaire.
Lunettes.
Son savoir sous le bras,
elle se précipite
et tombe gueule-à-gueule
avec sa voisine.
— Belle journée, n’est-ce pas ?
marivaude le faune.
— En effet, cher ami.
Un drink ce soir.
Je fête ma promotion.
La bête s’éloigne.
Plus loin,
une jeune gothique.
Debout.
Trainers lourdes.
Bitume râclé.
Elle ne regarde pas la bête.
Elle est là.
La bête ralentit.
Observe.
Évalue.
D’un œil expert.
Propre.
Sûr.
Trop vulgaire !
La gothique ne bouge pas.
La bête ajuste ses lunettes,
serre son savoir sous le bras,
reprend sa route
en quête d’autres
Présence
Elle est là.
Rien de plus.
Le jour passe
sans la toucher.
Le bruit glisse,
les regards aussi.
Elle ne demande rien.
Elle ne prend rien.
Elle tient.
Debout.
Ce qui tremble
n’est pas en elle.
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