Le bien, le beau, le vrai

Du temps qu’il faisait beau
et que tout allait bien
nous étions dans le vrai.

Au printemps les oiseaux
chantaient des airs anciens
et nous vivions au frais.

Le soleil levé tôt
éclairait — ô combien !
l’hétéro et le gay.

Ta peau contre ma peau
dans de doux va-et-vient
au branle s’adonnait.

Le merle et le corbeau
souriaient pour un rien
sans conjonction du mais.

Nous pleurions les grands veaux
— tête gribiche au thym —
sacrifiés pour leur lait.

Mélancolie, t’as faux !
Nostalgie, tu nous tiens !
Et du lapin, le pet !

Aujourd’hui, amigos,
nos queues — comme des chiens —
frétillent sans regret !

Car dans les arts le beau
vaut en morale bien
de la science le vrai.

Mort, si tu n’es pas beau,
que tu te fous du bien,
que pour toi rien n’est vrai,

tu n’iras pas au beau
avec les gens de bien.
Sors du bon grain, l’ivraie !

 


Commentaires

2 réponses à “Le bien, le beau, le vrai”

  1. Vous me ferez toujours rire, Marc !

  2. Le vrai, le beau, le bien.

    Le vrai rate son train.
    Le beau se met à rire,
    Le bien perd son chapeau,

    Le grain joue les martyrs,
    l’ivraie fait la diva :
    tout finit au jardin.

    Raison, range ton clou :
    logique en bermuda
    va boire à l’à-peu-près.

    Car dans la vie le flou
    vaut parfois mieux que l’ordre,
    et l’erreur que le vrai.

    Vive Dieu et ses poils.

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