La couche fraîche d’amour
baigne le feu des amants
toute la nuit et un jour,
leurs désirs trop impatients.
L’hirondelle ce matin
et les abeilles déjà
butinant des lendemains
qui chantent hantent mes pas.
Vois le phacochère en rut
qui piétine le gazon
et se donne pour seul but
de se trouver un blason.
Le printemps, ne vous déplaise,
n’attendra pas la Saint-Jean
pour un frémissement d’aise
transportant au cœur les sangs.
Et les petits culs coquins
s’exhiberont sans vergogne,
rougiront dans les lupins
au terme de leur besogne.
Voici le vent qui se lève
et chasse tous les nuages ;
voici enfin l’heure brève
où les corps perdus s’engagent.
Bien sûr la mort est partout
et menace le jardin
de son empire jaloux
et ses excès bavardins,
mais je sais des ravenelles
qui sur le bord des fossés
illuminent les venelles
sans jamais se défausser.
Tous les goélands du monde
quand reviennent les barcasses
forment l’infernale ronde
troublant la mer des Sargasses.
Mais les amants n’en ont cure
et cherchent l’ultime vague,
celle qui en clair-obscur
sur le sable mouillé tague.
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