Il m’arrive souvent les nuits de pleine lune
de me changer en loup et d’arpenter la grève
du côté de Fréval où le Nô sort des dunes
avant de me happer comme un attrape-rêves.
J’y vais déchiqueter des souvenirs anciens,
les mânes de mes morts du temps que j’étais beau
quand les filles en fleur troublaient le béotien
avec leur bikini sous un vert paréo.
Le ressac de ma vie sur l’écume des vagues
déchaîne en Cotentin sous le vent de noroît
les embruns trop salés de cette mort qui drague.
Foin de la nostalgie et sa mélancolie
que ma lycanthropie dans les ténèbres noie
aux plages de mon cœur qui me vident l’esprit !
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