Elles s’approchèrent du clavier
telles deux enfants, telles deux jumelles,
la gauche plongeait vers la terre,
la droite elle cherchait la clarté.

Leurs mouvements se répondaient,
si l’une fondait, l’autre éclairait.
Entre elles, la musique s’écrivait,
ruinant nos peines, fermant nos plaies.

Mais peu à peu elles s’écartèrent.
La gauche voulait tout unir,
la droite ne songeait qu’à construire.
Le clavier fut coupé en deux.

La droite y enseigna la loi,
le poids des fautes et des vertus.
La gauche y proposa sa science,
la clarté du feu qui dévore.

Elles se firent front et s’opposèrent,
puis s’éloignèrent en s’ignorant.
Entre elles l’accord était défunt.
Le silence reprit la parole.

Et moi, au centre de mes mains,
je ne savais laquelle prier.
Alors, profitant de l’aubaine,
un onzième doigt s’est pointé.

Il a poussé sans prévenir,
un doigt de trop, pâle et vivant,
comme une antenne vers l’invisible,
comme un espoir en l’avenir.

Une couture dans la chair
par où remontait l’espérance,
touchant le vide, cherchant le centre,
et, semblait-il, offrant une voie.

Entre la raison qui calcule
et le cœur qui lui nous pardonne,
entre savoir et puis bonté,
une joie nouvelle nous proposait,

un nouveau rythme, un nouveau ton.
Ce doigt d’honneur c’était …

Mais c’était qui? Mais c’était qui?Mais c’était qui? Mais c’était qui?Mais c’était qui? C’est qui?C’est qui? C’est qui?Mais c’est qui?


Commentaires

Une réponse à “Le onzième doigt”

  1. Charles Jeanne

    Promis.
    Un poème de louanges à qui trouvera la réponse.
    Mais qui est ce doigt d’honneur qui rime avec « nouveau nom » ?

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