Un petit poil au cul qui s’était incarné,
on l’arracha tantôt sans plus d’aménité,
il se mit à voler par la fenêtre ouverte,
on le perdit de vue, le laissant à sa perte.
Un petit poil au nez sortait de la narine :
le vieil homme velu ne payant pas de mine
arracha lui aussi le follicule intrus
qu’il jeta dans le vent comme le poil au cul.
Le petit poil au cul, le petit poil au nez,
tous les deux orphelins, voire désespérés,
du haut de la maison se virent en plein vol,
retardèrent la chute avant de choir au sol.
L’amour les réunit et d’un commun accord
ils fuirent leur destin, et le corps, et ses pores
pour une vie de rêve à l’abri de ces pinces
où pour l’épilation, tous les poils on évince.
Il semble qu’au Pérou ils cachent leur amour;
que la Cordillère des Andes pour toujours
protège en ses sommets toute pilosité
attisant la chaleur sans la curiosité.
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