Un avenir se meurt d’avoir trop donné.
On vient encore à lui comme on s’adresse
à ce qui tient debout par devoir.
Une jeune fille qui n’a rien reçu,
sinon le temps devant elle, lui demande :
— Que puis-je faire pour toi. ?
— Me donner ton cœur. Le mien est usé.
Avec un autre je pourrai continuer.
La jeune fille pense à ce qui n’a pas commencé.
Elle refuse, puis s’éloigne.
Son ami tombe malade.
Elle se souvient de l’avenir.
Une chance peut-être.
– Prends mon cœur.
— Je ne peux rien promettre.
La jeune fille accepte.
L’avenir n’en prend que la moitié.
L’ami, sitôt remis,
se souvient qu’il a des projets,
des horaires.
Et la jeune fille reste là, amoindrie, mais debout.
— Il me manque quelque chose, se plaint-elle.
L’avenir ne répond pas.
On frappe déjà à sa porte.
La jeune fille continuera de vivre avec ce qui lui reste.
Cela suffit parfois.
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