Les dieux, là-haut perchés, ont repris la pétanque.
Thor vise la Grande Ourse.
— Alors, ce vieux Viking ? demande Loki narquois.
— L’a troqué l’hydromel contre le jus de pomme,
répond Odin moqueur en vidant son triskèle.
Car Mårkvar, le gaillard, pille désormais les caves,
fait des petits bâtards à ses alexandrins,
du haut de son manoir, pipe au bec, barbe au vent,
défie les Koskvíkingars, ses ennemis jurés,
marchands de métaphores et brocanteurs d’emphases.
Vieillir n’est un naufrage que pour qui nage droit.
Toi, tu zigzagues encore comme le fit ton drakkar.
Mårkvar, philosophe du cidre et du hasard,
souffle tes soixante-quinze vetr et change encore de cap
vers ta prochaine rime, ta prochaine ripaille.
Kåthrïn te gratouille la barbe graveleuse.
Les dieux, toujours perchés, poursuivent leur pétanque.
Thor manque la comète. Loki rit dans le vent.
Odin regarde au sud, vers les brumes Cotentines :
— Final’ment ce Viking aura bien navigué.
Et la mer applaudit d’un grand rire salé.

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