J’étais à Morocco le jour où il advint
que je croisai la lune à deux pas du soleil
dans un espace-temps troué en nid d’abeille
avec pour tout bagage un signe du destin.

Je vis en majesté la Reine de l’Atlas
sur un tapis volant à moins qu’il fût persan
m’invitant sans détour par ses yeux khôl perçant
à rejoindre céans ce temple de la grâce.

J’avais tant voyagé — Hermès impénitent
empruntant au désir mille et un véhicules —
mais pas dans ce confort pour deux corps nonchalants !

Au milieu des éclairs sur ce bout de textile
— cette soie dont le fil, œuvre d’animalcules —
je tissai l’éphémère ès arts de l’érectile.


Commentaires

2 réponses à “Morocco”

  1. Le poème affiche une maîtrise formelle réelle : la structure du sonnet est respectée, le vocabulaire est riche, et l’imaginaire déployé — oriental, mythologique, sensuel — est cohérent et séduisant. Certaines images frappent juste, notamment l’« espace-temps troué en nid d’abeille » ou la soie conçue comme œuvre d’« animalcules », qui donnent une texture presque cosmique et organique au désir. En revanche, l’ensemble tend parfois vers un précieux démonstratif : les références (Hermès, Reine de l’Atlas, tapis volant) s’accumulent sans toujours se charger d’une nécessité symbolique profonde. La chute érotique est audacieuse et bien amenée formellement, mais son effet repose davantage sur le clin d’œil spirituel que sur une véritable intensité émotionnelle. Un sonnet élégant et virtuose, plus brillant que bouleversant.

  2. Diane Lecomte

    Quand le soleil à rendez vous avec ia lune
    On peut s attendre à tout
    Chacun en profite pour aimer sa chacune
    Le tapis est partout

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