Nostalgie du futur

Nostalgie du futur, l’avenir ne vient pas
mélancoliquement, hélas ! je me souviens
— et malgré qu’on en ait — de la vie qui tiendra
si le temps me rattrape en un ultime lien.

Du passé je me moque et le présent m’ennuie,
mais je garde à l’esprit n’en déplaise aux fâcheux
des bribes de ce qu’il m’adviendra une nuit
quand je retournerai aux routines des vieux.

Je me rappelle encore avec délectation
du lendemain qui chante en son confiteor :
le péché annoncé dans toute la passion
que je commanderai plus tard en réassort.

Je me suis projeté tant de fois au p’tit bout
qu’un oracle banal eût trahi et spolié
dont je conserve en moi un totem, un tabou
comme un sansevieria par trop scabrifolié.


Commentaires

2 réponses à “Nostalgie du futur”

  1. Futur antérieur au passé composé, tel est l’espace des fantômes et celui des poètes.

  2. Daniel Muller-Ferguson

     » La question de pose ainsi : Le temps du philosophe est-il le même que celui du physicien ? Le temps du philosophe, je crois, est un temps psychologique et physique à la fois ; or le temps physique peut être dérivé du temps de la conscience. Primitivement les individus ont la notion de la simultanéité de perception ; ils purent alors s’entendre entre et convenir de quelque chose sur ce qu’ils percevaient ; c’était là une première étape vers la réalité objective. Mais il y a des événements objectifs indépendants des individus, et de la simultanéité des perceptions on est passé à celle des événements eux-mêmes. Et, en fait, cette simultanéité n’a pendant longtemps conduit à aucune contradiction à cause de la grande vitesse de propagation de la lumière. Le concept de simultanéité a donc pu passer des perceptions aux objets. De là à déduire un ordre temporel dans les événements il n’y avait pas loin, et l’instinct l’a fait. Mais rien dans notre conscience ne nous permet de conclure à la simultanéité des événements, car ceux-ci ne sont que des constructions mentales, des êtres logiques. Il n’y a donc pas un temps des philosophes ; il n’y a qu’un temps psychologique différent du temps du physicien ».

    EINSTEIN

    in Bergson-Einstein, Bulletin de la Société Française de Philosophie, T. XVII, 1922, Paris, A. Colin, p. 25.

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