On est venu frapper à notre porte, à l’heure du repas.

Lui que nous ne connaissions
ni d’Eve ni d’ailleurs,
sans un mot s’est autoritairement placé
au bout de notre table,
prés de la chaise laissée vacante par les anciens.

À trop les solliciter,
leur valeur d’exemple s’était épuisée.
Le temps était venu qu’ils quittent les lieux,
pour qu’enfin nous les accrochions
dans la galerie de portraits
qui occupe nos cœurs.

Et qu’à mon tour,
privilège de l’âge,
je prenne leur place.

Mais sur cette chaise vide,
On a posé ses fesses
et s’est choisi un porte-parole
qui, lorsque nous nous interrogeons,
apporte in petto la sagesse de son maître :

On m’a dit que …

Il est gOnflé ce On !
Qui est-il pour nous donner sOn avis ?
Existe-t-il seulement ?

J’ai demandé à Georges qui m’a répondu lapidairement :

Le temps ne fait rien à l’affaire …
Qu’
On ait vingt ans, qu’On soit grand-père …
On est cOn.

À bon entendeur …

                                     


Commentaires

2 réponses à “On est con”

  1. Diane Lecomte

    Etait-ce un dîner de c..on..s ?
    Bien sûr que Georges avait raison
    Et n est on pas tous le c..on de quelqu un ?

  2. Charles Jeanne

    Merci de votre intérêt pour ce texte.
    Ce n’est pas tant le con qui me préoccupe que le on qui s’invite dans les conversations comme un argument d’autorité et dont l’aspect indéfini lui confère une posture inattaquable, que je voulais mettre en lumière.
    Bien cordialement.

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