Page abandonnée ohé ! ohé !
Un fantôme indécis flottant dans sa nuit froide
s’était naïvement accroché à la traîne
d’une étoile ne luisant pourtant qu’avec peine
Silencieux et voilé de noir , le fuyard
s’échappait en courant tel un voleur de cierges
vers d’autres pages qu’il avait espérées vierges
Trop vite envolé en abandonnant sa plume
il s’était évadé presque nu et inerte
la fenêtre restée imprudemment ouverte
Plongées dans un abîme plein de désespoir
ballades et complaintes avaient disparu
égarées, effacées, dans le néant , perdues
Lors la page blanche désertée barbouillée
en grand’ panne d’idées et portant l’arme à l’oeil
avait alors refusé son travail de deuil
Il faudrait crânement se remettre à l’écrit
dans une autre vie, un autre demain, peut-être
mais cette fois en refermant bien la fenêtre
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