Lui qui se prend pour la France.
Paris vautré sur sa Seine,
érectant de sa Tour
un majeur,
au nez de son passé.
Paris une avenue,
trois trottoirs,
deux cafés,
l’univers vu de biais.
Paris qui certifie
que le monde commence
aux bouches de son métro.
Paris, mon vieux Paris.
Toi qui penses pour les autres,
qui décides en terrasse,
distribues la morale
comme des badges d’accès.
Paris intello.
Paris collabo.
Soumis aux vents de l’Est,
puis de l’Ouest et d’ailleurs,
toujours du côté de l’Histoire
qu’il écrit lui-même.
Paris Sorbonne.
Paris Latin.
Paris jacobin
où dix experts tiennent la clé
de tout métier d’esprit,
pendant que le pays, lui,
se salit les mains.
Paris, mon vieux Paris.
Paris Monopoly.
La France jouée à huis clos.
Paris minocratie,
qui n’a pour vrai triomphe
que l’Arc qui l’ensoleille.
Paris !
Paris outragé !
Paris brisé !
Paris martyrisé !
Mais Paris libéré…
Libéré par ses mots.
Par l’idée
— dangereuse —
qu’il pourrait,
enfin,
laisser son pays
le regarder encore.
On t’aime, Paris,
Oui.
Malgré toi.
On t’aime dans ce que tu fus,
dans tes pavés levés,
tes colères justes,
tes insolences nécessaires.
On t’aime quand tu te souviens
que Gavroche parlait bas,
que Notre-Dame sonnait pour tous
Et quand tu sais prendre conscience
que commence la France
là
où Tu cesses
de Te complaire.
Paris, mon vieux Paris,
je suis fâché de toi …
parce que je te ressemble.
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