Un petit pauvre vieux du haut du fort du Roule
contemplait en Cherbourg son passé révolu,
soixante-quinze années à se geler le cul,
n’attendant du futur que de perdre la boule.
Le vieillard cacochyme éternua dans le vent
et contre la marée il louvoyait encore
se frayant un chenal pour trouver un accord
qui satisfasse enfin le reste de son temps.
Ses vers de mirliton, pour sûr, donnent le change,
sa rêverie l’emporte à l’autre bout de rien,
sachant pertinemment que par son va-et-vient
le ressac au final le noiera dans la fange.
Afin que nul ne meure en pensant à demain
fait d’un EPAHD funeste où s’échouent les corps morts
je compte de ce pas me jeter dans le port
et offrir aux poissons de quoi calmer leur faim.
Cela étant écrit, je vais aller aux courses
et conjurer le sort préparant des ripailles
telles que la presqu’île aux confins de Portbail
en sera à jamais à délier sa bourse.
Si le vin coule à flot il est plus que probable
qu’au terme de la nuit je décroche la lune,
planté en haut du mat, accroché à la hune
et cherchant dans le noir un mien château de sable.
Si au premier degré tu ramènes ta fraise,
dis-toi mon bon ami, lecteur impénitent :
ce n’est qu’un personnage au risque de l’encan
qui me tire une larme en ce vendredi treize.
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