Trublions de l’an neuf

Trublions de l’an neuf, espérez-vous encore
en l’idéalité des prémices d’un soir
quand sonne le tocsin où chacun donne à voir
une mort en partage et l’alliance des forts ?

Si j’osais, je dirais que le printemps m’effraie
de porter en son sein les fruits des Hespérides
pour peu que son jardin se vautrât dans l’humide
d’une eau de saleté filtrée par ses galets.

Profitons de l’hiver au temps de la jachère
qui étreint notre corps et sublime notre âme
tout en faisant le vœu que nos sanglots amers

s’enivrent d’utopie au point de non-retour
d’un imaginaire dont il reste une flamme
— si les fonds de pension n’entachent nos amours.


Commentaires

3 réponses à “Trublions de l’an neuf”

  1. Diane Lecomte

    « Profitons de l’hiver au temps de la jachère
    qui étreint notre corps et sublime notre âme »

    je ne vais pas m’en priver !

  2. Un poème superbement écrit, j’apprécie.

    Quant au fond : l’hiver est à mater, nom d’un printemps ! 😉

  3. J’aime cette manière
    de tenir en joue l’espoir
    sans le congédier,
    ni s’y rendre tout à fait.
    Le poète, lucide et fraternel,
    nous offre une lueur
    et attire notre veille
    sur les retours possibles
    d’un désenchantement.

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