C’est une histoire de fou
que je vais narrer tantôt.
Sache qu’il faisait très doux
par chez nous au cœur de l’été.
Je portais une redingote,
un chapeau haut de forme,
une canne à pommeau et des bottes
pour marcher dans l’allée sous les ormes.
Quelle était belle la place du marché
et les provendes du pays
sentaient le thym et le laurier
tout frais cueillis à l’abbaye.
Quand soudain elle débarque
de nulle part, ou plutôt non,
des bosquets de ce vieux parc
dont je vous tairai le nom.
Moi, dignement, je vous l’avoue,
je la salue en ôtant mon chapeau
et elle me répond avec la moue
de celle qui vit au château.
Là où l’histoire se corse
c’est que son chien, un vrai molosse,
se jette sur moi et amorce
une attaque de bolosse.
Le marchand des quatre saisons
se précipite à mon secours
et tacle le médor un peu con
d’un coup de pied dans les amours.
Le chien me lâche, la femme pleure
et d’un mouchoir immaculé
je sèche ses larmes de peur
et je comprends qu’elle m’en sait gré.
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