Auteur/autrice : Charlie

  • Complètement zinclés / Café du malicieux

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    — Tu sembles fatigué !— J’ai mal partout de porter des vieilleries à la déchetterie.— Des vieilleries ?— Je vide la maison de mes parents.— Ehpad ?— Morts.— Ah… désolé.— Ils m’ont laissé un bordel … y’en a partout …— Une vie quoi.— … dans la maison et le jardin …— Mon pauvre !— ……

  • Complètement zinclés / Café des partageux

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    — Alors, cocu toi aussi ?— Comme toi. Ça pique, hein !— Surtout quand ta femme c’est une affaire. T’aurais préféré qu’elle reste même cocu ?— Vaut mieux être deux sur un bon coup que seul sur un mauvais.

  • Complètement zinclés / Bar de nos chers bourgeois.

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    Il pleut des cordes sur le port.Je me réfugie dans un bar, secoue mon Cherbourg trempé. — Un vin chaud, s’il vous plaît !— Tu m’en offres un ? Me lance un visage famélique au comptoir.— On se connaît ?— Ici tout le monde se connaît, on habite sous la même averse.— Je ne suis…

  • Complètement zinclés / Oasis café

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    — Patron, un autre !— Ça fait sept.— Je fête mes quarante ans !— Pas de femme pour ça ?— Dans ma famille, on est célibataire de père en fils.

  • Complètement zinclés / Macdommage

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    Une carcasse de bois, d’alu et de verre dresse son orgueil au milieu du bitume.Phare des zones commerciales, elle guide ma route et je viens m’échouer sur l’estran de sa grève. Telles deux balises à l’entrée d’un port, un chevalet me conseille la prudence : sol glissant; un panneau me livre sa devise : la…

  • Complètement zinclés / Café de l’église.

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    La messe finie, l’abbé traverse la place, s’assoit au comptoir et commande un Muscadet. — Meilleur que ton vin de messe, hein ? Pas de réponse. — On dirait qu’il n’y a plus grand monde chez toi, le dimanche. L’abbé tourne la tête vers l’écran où des chroniqueurs écharpent un type accusé d’anti-quelque-chose. Le temps…

  • Les réseaux asociaux

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    Dans l’univers virtueloù s’additionnent les outils,se dupliquent les réseaux. Plus ils prolifèrentet se conjuguent leurs combinaisons,et moins circulent des visions nouvelles. Y prospèrent surtout redites, plagiat et copié-collé. Si la matière intellectuelle disponible,même édulcorée, même censuréeest suffisante pour nourrir,durant des décennies,des échanges stériles, lorsqu’enfin dénaturée,elle aura définitivement perdu ses couleurs,les canaux apparaîtront pour ce qu’il…

  • Complètement zinclés / Café du marché

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    Mi-août, en terrasse. Je regarde défiler les corps : la malbouffe a laissé des réserves pour l’hiver. Quelques rares silhouettes échappent au syndrome, certaines continuent même de provoquer le désir. En voici une : perche à selfie dressée comme un étendard. Filme-t-elle le marché, la mer ? Non, c’est elle le sujet, le monde son…

  • Complètement zinclés / Chez Daniel

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    Au bout du comptoir, une vieille convertit en or ses minimas sociaux. – Tu vois, Daniel, la vie c’est comme un poulet. Enfant, tes parents te réservent le blanc. Adulte, tu te bas pour la cuisse. Retraité, tu te gardes les ailes pour offrir la chair à tes enfants. Vieux, il ne te reste qu’à…

  • Complètement zinclés / Chez Maurice

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    — Maurice, c’est quoi un puritain ?— Un gars contre les jupes ras des fesses…— Dommage, c’est joli les fesses !— … ou une fille qui ne veut pas qu’on la siffle dans la rue.— Normal si elle est accompagnée.— Même seule.— Elle est conne, ça fait plaisir de savoir qu’on plaît ! Et si…

  • Complètement zinclés / Beurgueurquine

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    – De mon temps les pauvres étaient tous maigres, dit la vieille. – Et alors ? demande sa voisine. La vieille regarde son maxi coca d’un air pensif, lève les yeux puis observe longuement les clients. Sa bouche s’ouvre enfin sur des dents déchaussées. – Aujourd’hui, ils sont tous obèses ! Et ses mandibules se…

  • Complètement zinclés / PMU

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    — Patron, une blonde !À côté de moi un homme se redresse, verre vide :— T’es qui, toi ? Je devine : pas gros, pas résigné, chic discret : fils d’ouvriers qui a rincé ses parents pour faire une grande école. Je parie que tu caches un prénom de série télé sous un diminutif. —…