Auteur/autrice : Marc Hiver

  • Le bien, le beau, le vrai

    Du temps qu’il faisait beau et que tout allait bien nous étions dans le vrai. Au printemps les oiseaux chantaient des airs anciens et nous vivions au frais. Le soleil levé tôt éclairait — ô combien ! l’hétéro et le gay. Ta peau contre ma peau dans de doux va-et-vient au branle s’adonnait. Le merle…

  • Un vol de femmes nues

    Un vol de femmes nues par dessus la maison se posa au jardin parmi les frondaisons et le pin parasol sous le soleil brillait lors que sur un transat à sexte je priais. Jamais je n’avais vu autant d’anges fessus de toutes les couleurs en descendant des nues, d’un charmant paradis, ces oiseaux à mamelles…

  • Vendredi 13

    Mon film débuterait en deux mille vingt-six et comme par hasard au mois de février, un beau vendredi treize où j’aurais acheté ce ticket de loto et mon mêlé-cassis. En mon for intérieur, je sens le jour de chance et que je vais gagner de quoi vivre ma vie au nez, à la barbe de…

  • Le petit pauvre type

    Je suis, je vous l’avoue, un petit pauvre type, un pourceau d’Épicure, une petite chose, une chiure de mouche empâtée de la prose, un vers dans l’univers banni de tous les sites. Je ne vaux même pas la corde pour me pendre, encor’ moins les amis toujours trop bienveillants qui pleurent de me voir disperser…

  • Le bagad de l’amour

    Je jouais du biniou, elle de la bombarde et nous vivions heureux avec quelques amis à former un bagad au cœur pur et ravi où l’amour en pilou renouvelait nos hardes ! Cénobites du diable en notre phalanstère, communauté soudée autour de ses sonneurs qui planaient dans l’éther afin que nul ne meure sans jamais sacrifier…

  • Nostalgie du futur

    Nostalgie du futur, l’avenir ne vient pas mélancoliquement, hélas ! je me souviens — et malgré qu’on en ait — de la vie qui tiendra si le temps me rattrape en un ultime lien. Du passé je me moque et le présent m’ennuie, mais je garde à l’esprit n’en déplaise aux fâcheux des bribes de ce…

  • Grand Paris – Marc Hiver – chanson

    Paris, tu la vis ta vie, maisRis pas si j’te dis qu’à ParisDe la Bastille à Saint-DenisTu te propulses loin des quais.De Charenton à La Défense,On enjambera la CeintureVers la banlieue où tu conjuresPar tes baisers tout’ma défense ! Tous les ponts du périphériqueSe panament jusqu’aux faubourgs,Le Grand Paris de nos amours,On y danse sur ses musiques. Paris, tu vis…

  • Une si douce chaleur

    Une douce chaleur envahissait mon corps de la petite mort dont je n’avais pas peur comme si le bonheur qui n’était pas mon fort me donnait enfin tort au milieu des vapeurs. Un parfum enivrant vibrait dans l’air du soir et contait sans histoire par l’écume du temps le peu qui reste au vent pour…

  • Formidable est la nuit

    Formidable est la nuitoù tous les chats sont gris ;où le moindre clichédans mes vers s’est niché. J’ai lu des parabolesdont la courbure folled’un texte peu badinsublimait un matin. Une muse en nuisettese croyait à la fêtealors que mon soucirestait inassouvi. Combien de jolies notes,combien de Gelinotteshuppées chantent la joieen s’ébrouant parfois ? Et puis il…

  • Par les massifs des Pyrénées

    Par les massifs des Pyrénées, tout là-haut, habitait Ramuntcho*. Portant son fusil en bandoulière, il allait partout, la mine fière. Guettant dans ses traquenards les sangliers comme les loups, Ramuntcho, c’était le roi. De la montagne, il était le roi ! Mais sa couronne il la partageait avec le dernier ours des Pyrénées. Dans la vallée, il faisait…

  • J’ai vécu dans un château en Ecosse

    J’ai vécu en Écosse, au pays des fantômesaprès bien des années passées en Cochinchineà partager le riz — quelques grains dans la paume —quand j’héritai sans frais d’une vague cousine. Dans ce château en ruine à deux pas du Loch Ness,l’ivresse du whisky et des ombres portéespar un feu languissant qui me gelait les fesses,j’entendis…

  • Trublions de l’an neuf

    Trublions de l’an neuf, espérez-vous encoreen l’idéalité des prémices d’un soirquand sonne le tocsin où chacun donne à voirune mort en partage et l’alliance des forts ? Si j’osais, je dirais que le printemps m’effraiede porter en son sein les fruits des Hespéridespour peu que son jardin se vautrât dans l’humided’une eau de saleté filtrée…