Auteur/autrice : Marc Hiver
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L’homme laid
L’homme laid était las, car là où il allait, ses pas sur le parquet semblaient donner le la au ballet sans répit d’une vie de palais comme ça dont le roi sous le poids se lassa. Et moi, en majesté, que les fées dans la joie ont doté sur la foi d’une loi promulguée de…
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Mes élucubrations
le cœur est sous le sein bien caché à dessein et quant aux pectoraux… font la pige aux poteaux. C’éto bientôt l’été sur les bords du Léthé, je vais sans plus attendre y aller pour me pendre. Pour se pendre dans l’eau sous le pont Mirabeau ? Buvons la mirabelle et trinquons à l’icelle !…
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Pourquoi je suis heureux
Et si je vous disais pourquoi je suis heureux, vous ne me croiriez pas. Une mouche qui pète, un chat qui vole bas me rendent tout joyeux. Le secret du bonheur, pour sûr, je l’ai percé et la mort peut venir avec ses chabadas sur la carte du pire, va ! retourne au Léthé !…
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Le petit poil au cul, le petit poil au nez
Un petit poil au cul qui s’était incarné, on l’arracha tantôt sans plus d’aménité, il se mit à voler par la fenêtre ouverte, on le perdit de vue, le laissant à sa perte. Un petit poil au nez sortait de la narine : le vieil homme velu ne payant pas de mine arracha lui aussi…
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Si je meurs demain
Mais si je meurs demain où irai-je me reposer ? Et je serai dépossédé, donc endormi par un triste destin ? Or je ne vois pas d’issue ni par l’esprit têtu ni pour trouver les mots, car je file le faux. À la mer des Sargasses à midi ou à minuit, dans la peur, sans…
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Le bel canto
Par un jour de ciel bleu sans nuages, sans masque où je traînais mes basques, on me fit les grands yeux. Et dans ce Pays basque au joyeux camaïeu, terre de tant d’aïeux je découvris la vasque. Cette cuvette en marbre ornant une fontaine dont on voyait les veines m’invita sous son arbre. Les grands…
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Un secret bien caché
Ce secret bien caché dont on perdit la clé je l’avais retrouvé au fin fond du grenier. Et donc au chalumeau trouvé sur le carreau je lui sciais l’anneau à ce cadenas gros. Dans la malle au trésor parmi bien des remords Il gisait mirliflore sans soucis du folklore. Le secret était là qui n’attendait…
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Errance poétique
Je ne voudrais pas qu’on croie tout ce que je dis, car si je joue au con, je ne sais pas pour qui ! Et quant à ce pourquoi qui taraude mon ki comment j’en reste coi alors que je m’en ris ? Le corbeau croassant se moque de l’époque et de tous ces passants…
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Après l’errance
Après avoir erré au milieu des vivants, je m’encanaillerai parmi tous mes amis, morts. Dans la nécropole, aux confins du présent, nous chanterons l’amour et le vert paradis. Les oiseaux de malheur y seront interdits et seuls les colibris et tous les oiseaux-mouches pourront s’y reposer et y faire leur nid tout en zinzinulant des…
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Était-ce toi ?
Était-ce toi m’amour que je vis l’autre jour danser au Zimbabwe dessous la canopée ? Tu semblais si gracile et pourtant si fragile ; lors moi le phacochère je ne pouvais me taire. On dit dans la savane que l’herbe se pavane en te sentant croquer la vie en plein été. Moi, de mes yeux…
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Un pourceau d’Épicure
Oui ! je vis dans la joie sous les toits de Paris où je suis comme un roi, un roi dont les envies font la loi à l’envi et se rient sous la soie des draps de tous les lits lors qu’ils plient ses émois. Je jouis de bon aloi et vois sans qu’aucun cri…
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Dov’è la casa del ballerino Livio ?
Dov’è la casa del ballerino Livio ? Naples évidemment ! la ville est un ballet où chacun se faufile et dont le Vesuvio vous donne le tempo au milieu des palais. Et tous les angelos de Capodimonte aux ailes porcelaine en un furieux désir sur la haute colline embrassent des palmiers frôlés par les avions…
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Enfin la vérité
Je marchais à grands pas, car j’avais rendez-vous avec la vérité. Or depuis des années le pot aux roses fuit en un jardin tabou. Malgré la fraîche du matin, je l’espérais cette vérité vraie qui tirerait un trait sur ces années d’errance au cœur des roseraies. Qu’on me mette au parfum des choses de la…
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Le message
Après la collation, j’ouvris ma boîte mail comme on ouvre une boîte avec tous ses secrets. Lors, comble de l’intrigue, un message attendait et quoi qu’on die, ce n’était pas demain la veille. Point de bonne nouvelle, à la flan, trouducune, car le message écrit d’une étrange clarté semblait m’interpeller voire communiquer au-delà de ses…
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La saloperie
Nous marchions de concert, mon ami Louis et moi, et la brume de mer envahissait la grève, estompait le décor d’un sfumato de rêve, quelques gouttelettes perlant sur les suroîts. Nos pas nous entraînaient tantôt et à tâtons sur un téton rocheux dont la patte du temps forçait le repentir et de l’eau et du…
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La révélation
Je n’ai pas, il est vrai, le cœur à badiner, car tantôt je me vis à une extrémité hypothéquant mon âme, éloignant mon esprit ainsi que le malin fait en sa compagnie. Quand un secret trop lourd pour votre entendement sacrifie la raison sur l’autel de ce temps où le poids de l’offrande annihile l’espoir,…
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Revoir le Pakistan
Revoir le Pakistan ! dernière volonté d’une âme bien trempée qui ne se trompe pas en parlant cet ourdou des routes de la soie recouvrant ma dépouille avant d’être brûlée, car j’aimais le Penjab et son riz basmati dont je me régalais du temps de ma jeunesse avec un maquereau pêché sur la côte est…
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Ma frivolité
Au temps déjà ancien de ma frivolité où j’avais gaspillé tant de femmes vertueuses – excepté les enfants reconnus par milliers – j’avançais dans la vie comme une eau sabloneuse. Le ribaud que j’étais en sa ribauderie bousculait de l’amour la pratique du tendre laissant derrière lui vile plaisanterie que je renie tantôt avant que…
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Madrigal pour Miss Petrie
Et si je vous disais combien je suis pétri de bonnes intentions envers vous, Miss Petrie ? Peu s’en fallut d’ailleurs que vos yeux en amande se fixent, avouez-le, sur mes yeux à l’amende et invitent nos cœurs à sceller leur ardeur dans l’entrelardement dont je suis le hardeur ?
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Les haricots du désert
J’ai vu des haricots pousser dans le désert, des femmes sans vertu haranguer le Seigneur, leurs hommes si petits qu’ils cachaient sous des fleurs une âme détrempée par la rosée amère. J’ai senti que l’amour porté à son acmé cherchait aux alentours un peu de l’utopie, dans l’espoir idéal de cet autre pays où seul…
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A l’oreille des femmes
Les femmes, c’est connu, aiment les musiciens et moi tantôt je joue du cornet à pistons transportant le beau sexe à l’orée des passions que seule une harmonie exprimera parchin. Passons du coq à l’âne en ces temps où les armes réduisent le silence envers et contre tout ajoutant un bémol à la clef des…
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Comme un oiseau sur sa branche
Comme un oiseau sur sa branche, je modulerai mon cri pour que la femelle tranche qui partagera son nid. Comme un phacochère en rut, Je grognerai dans la boue pour que la laie si abrupte choisisse son bel époux. Comme Syd, l’ornithorynque, je soufflerai dans la vase pour tenter à midi cinq de pêcher une…
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Sur l’île Malabar
Sur l’île Malabar, moi qui étais chétif, je venais pour une étude ornithologique dans l’océan indien au cœur de ces tropiques où la femme débarque en pagne et sans sous-tif. Cette île inhabitée de l’atoll des Seychelles constitue bien une réserve naturelle avec en plein sud une forêt de mangrove et ses palétuviers où les…
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Jean, un jeune patriarche de 101 ans
Adam engendra Seth à 130 ans, Adam vécut 930 ans. Seth engendra Hénoch à 105 ans, Seth vécut 912 ans. Hénoch engendra Mathusalem à 65 ans, Hénoch vécut 365 ans. Mathusalem engendra Lémek à 187 ans, Mathusalem vécut 969 ans. Lémek engendra Noé à 182 ans, Lémek vécut 777 ans. Noé engendra Sem, Cham et…
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Au terme de mon temps
Au terme d’une vie passée dans l’opulence d’un palace au palais, de jets privés en Rolls, je n’ai aucun regret d’une telle existence, baignant dans le caviar à la louche de ruolz. J’aurais pu composer en mille et une nuits un harem impérial avec toutes les femmes qui eurent le bonheur de partager mon lit…