Auteur/autrice : Marc Hiver
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L’éclipse
Qui a éteint la lumière dans mon jardin ? Est-ce mon voisin ? Est-ce Dieu ? Ce n’est pas bien malin. Qui a éteint la lumière pour la rallumer aussitôt ? Est-ce toi le diablotin qui terrorise mon jasmin dans le jardin ? Une éclipse, quelle éclipse ? Vous vous moquez de moi ! La…
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Le Cotentin m’éclate
Le Cotentin m’éclate alors que tout se meurt, que de la France en feu il ne reste plus rien qu’une terre brûlée au risque des coquins qui la peuplent dès lors privés de leurs demeures. Et je crains malgré moi que tous ces naufragés se ruent chez nous parchin et que cette invasion de horsains…
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Le condor passa
Quand le condor passa, nous l’avons observé : il attrapa un rat afin de le manger. La passante arriva toute de blanc vêtue et nous, les pauvres gars, l’avons perdue de vue. Et puis sans y penser, j’ai couru après elle dans la sente embaumée. L’intuition de l’instant pressentit sur ses ailes celles des deux amants.…
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Fest-noz d’enfer
Et voilà l’ouragan ravageant le fest-noz faisant fuir les sonneurs de binious et bombardes pendant que je dormais en rêvant comme Booz dans la cabane en bois habillé de mes hardes. J’entendais les voisins qui pleuraient sur les ruines de leurs châteaux de sable, ô Nature enragée qui s’offrait cette nuit son terrible Halloween tandis…
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La femme aux yeux de braise
Ainsi c’était elle, la femme aux yeux de braise qui transperça mon corps jusqu’à fouiller mon âme et dont l’esprit malin enflamma les mélèzes qui protégeaient mon cœur complaisant dans son drame. Je dirais qu’à l’époque en mon for intérieur je survivais reclus après une défaite qui mettait à l’index tous ces petits bonheurs pour…
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Le géant, ses fleurs et le chemineau
Et soudain le jardin se couvrit d’une fleur aux pétales soyeux, duvet qui se hérisse sous la main d’un géant saillant de sa torpeur, un monstre troglodyte, habillé de pelisse. Moi je passais par là avec mon baluchon, chemineau de la vie sans projet de fortune, au cœur des Pyrénées du côté de Luchon quand…
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La Merveille
À la force du vent, j’ai contourné Ouessant, aux rayons du soleil j’ai mouillé à Marseille et je ne sais plus quand j’aurais séché Fécamp avant que l’avant-veille on revît la Merveille. Et le Mont-Saint-Michel nous a fait la part belle pour admirer sa flèche et éteindre la mèche quand la marée d’icelle à hautes…
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L’étourneau
Je suis un étourneau devenu un corbeau qui en est fort ravi aux quatre coins d’ici. J’étais un pélican qui a fichu le camp vers une autre planète où on aime les bêtes. Je serai un tatou joyeux comme un zazou planqué en Amérique au son de la musique. Mais je ne suis qu’un homme…
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Mitzi
Je l’aimais de partout et quand elle est partie un matin du mois d’août, fini le coq hardi ! Je la cherche partout surtout très loin d’ici, mais tout me semble flou depuis qu’elle est partie. Et quand je dis partout, sur toute galaxie elle me rendra fou même en vélo-taxi. Je vis loin de partout…
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Dans l’eau de la rivière
Dans l’eau de la rivière où jouit l’écrevisse ; dans l’eau de la marée où pêcher le homard perdu en l’univers au gré de la Matrice, fluidité partout ou du moins quelque part. L’écrevisse à la main, le homard au casier bleu quand il est vivant, rouge quand il est cuit offrent des mets de…
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Coup de gueule
Quel animal saccage son environnement se forgeant une cage où s’enfermer vivant ? Les hommes et les femmes, qu’on dit intelligents ont provoqué le drame et s’enferrent dedans. Ligaturons les trompes vasectomons les mâles et tarissant la pompe nous tairons l’animal. Que cette intelligence qu’on dit artificielle pèse dans la balance d’une joie matricielle. Un humain…
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Revoilà mon utopie
Revoilà mon utopie qui m’ouvre sur l’infini du bon, du beau et du vrai — et ce malgré qu’on en ait ! Si le paradis sur Terre me semble un peu terre-à-terre, ici-bas une presqu’île me préserve comme une île. Je rêve de Tatihou dans un beau rêve si fou qu’à jamais se réveiller peu me…
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L’humour en berne
Au risque de paraître un tantinet troublé par ce que l’on pourrait appeler un désastre je m’en vais de ce pas protéger les pilastres soutenant les linteaux de mon âme blessée. La petite boutique au cœur de la saison qui se pensait céans à l’abri de ses pins pour nourrir tous ces gens en leur…
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French tuck
Comme tous les matins, attablé en terrasse devant un café crème, observant le beau sexe, ces passantes pressées qui passent et repassent, je notai un détail me laissant tout perplexe. Les plus jeunes rentraient par un effet de mode le devant de leur haut dedans le pantalon et lâchaient au dehors un arrière commode flotter…
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Jean le Bon
Il était bon Jean, il avait les cuisses roses Du coup on l’appelait Jambon. Alors quand il prenait la pause Tout chez cet homme-là respirait le bon ton. Un jour qu’il allait à confesse – est-ce possible ? Il entrevit une princesse Qui tenait en ses mains la Bible Et dont le jean lui…
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Sur la route du détroit
Sur la route du détroit sur la route de détroit y avait un pétrolier y avait un pétrolier et qui transportait et qui transportait, des tas d’barils des tas d’barils et qui transportait des tas d’barils pour faire rouler nos automobiles. Un Pasdaran vint à passer un Pasdaran vint à passer sur un beau drone…
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Je pars en Cotentin
N’en déplaise aux coquins qui baignent dans leur jus, je me bouge le cul, je pars en Cotentin. Là-bas dans ma datcha je pense au Potemkine, j’écoute Jean Ferrat et je conchie Poutine ! Plage de sable fin où tous les séraphins, toutes les séraphines dégagent l’endorphine. Ne le dis à personne qu’on y vit à…
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Les ombres portées
Après toutes ces nuits à combattre le feu en attendant l’éclair qui dévasterait tout par sa grêle de dards, j’ai compris tout à coup que les ombres portées ne portaient plus les cieux. Sur une couche humide où baigne l’insomnie les premières lueurs d’une aube qui annonce l’aurore et son soleil qui jamais ne renonce…
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Un paradis
Dans la joie et la bonne humeur je pense bien mourir un jour rejoindre les ratons laveurs dont j’ai toujours aimé les tours. Je me demande cependant — et je dis cela sans malice — au paradis, le restaurant, y mange-t-on avec délice ? Quant à la musique céleste, peut-on choisir une playlist et dans…
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My way
Du temps de ma jeunesse, j’étais un peu rebelle et faisais la part belle au droit à la paresse. Atteignant l’âge mûr, je devins économe, car dans la vie d’un homme il faut que l’on assure. Du temps de ma vieillesse, je m’en vais à la messe et même me confesse… si Dieu bottait mes…
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Vanité
Dans sa papamobile, il est heureux le Pape de bénir un enfant – qui du reste s’en tape – avant le décorum où il va célébrer une messe d’enfer en un stade bondé. Le Souverain Pontife aura coiffé sa mitre pour une liturgie dont on voit que les pitres se trouveraient hors jeu si l’envie…
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Le fils du vieux pédé
Le fils du vieux pédé n’avait jamais été homophobe. Le père le conçut — un soir qu’il avait bu — avec la mère. Disons à sa décharge qu’il partagea la charge de son fils. Père et fils s’adoraient et le fils l’appelait papa. Elle s’ébaudissait qu’ils vécussent en paix, la mère. Cette mère bichait quand…
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Stargate
À peine avais-je ouvert la porte des étoiles qu’une étoile filante éblouit mon chemin. La voie lactée propice à la méditation d’une constellation fit un chant poétique. Combien de galaxies ai-je donc traversées avant que de croiser une bonne fortune ? Ce champ d’astéroïdes dont je tairai le nom pulvérisa les rimes en libérant mes…
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La jupe
Une jupe ultra courte, peau blanche de yoghourt, je ne suis pas pervers, du moins j’en ai pas l’air ! À la station Denfert, une chaleur d’enfer, elle grimpe par sauts l’escalier du métro. Ne semblant pas bégueule, ce qu’il a de la gueule le boxer sous la jupe qui fait de moi sa dupe.…
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Tabou
Il aurait bien voulu coucher avec sa mère, mais c’était interdit. La consanguinité ! lui rappela son père, la loi d’exogamie ! Sur une application il trouva le sosie — en plus jeune, bien sûr -— de sa mère adorée, de sa Vierge Marie pourtant déjà si mûre. En tout bien tout honneur il épousa…