Auteur/autrice : Marc Hiver
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Le héron des marais de Carentan en Cotentin
Il faut que vous sachiezqu’un jour un échassierarpentant le marais— où moi-même ramaissur la Douve jolietout près de mon logis —m’embrouilla de ses diresau cœur de mon désir. Ce héron qui vaquaitsur cette boue qu’avaitune odeur maléfiquede l’âme faméliqued’un Cotentin charmantpour un être marchanty alla de son chanten poussant la chanson. Que la presqu’île est…
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A la saison du rut
À la saison du rut, le printemps revenu,sur les Champs-Élysées, des hommes bien sapésroucoulent des mots doux aux belles inconnuesqui traitent de relou leur drague sans doigté. Et aux parfums des fleurs se mêlent les hormonesdans un charivari de ce sens génésiqueque transporte le vent chargé de phéromonespour enchanter l’amour par des gestes gnosiques. Sur…
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Entre ici et ailleurs
Je suis né quelque part entre ici et ailleursdans un espace-temps où il fait bon flânervers ce je-ne-sais-quoi au milieu des senteursqui embaument ma vie pour une éternité. Une étoile me guide avec aménitésans souci du détail, mais avec euphoriesi une comète troue un beau ciel d’étécomme un signe éclatant dont se joue l’euphonie. Donc…
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Salonique, nid d’amour
Je me souviens de Saloniquece jour où je revis Monique.Moi, j’étais toujours pathétique ; elle virait dans le mystique. Rime empêtrée dans la rythmiqued’un flot continu volcanique,mes vers y perdaient leur musiqueau mépris de la poétique. Pourtant je les dois à Monique,– dame de cœur, dame de pique –mes larmes comme un romantique. La poudrière…
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Les suicidés de la Saint-Sylvestre
Le 31 décembre 2025, lors du réveillon de la Saint-Sylvestre, un couple marchait à pas comptés dans la vieille ville de X. où ils avaient connu des jours heureux qui ne reviendraient plus. Leurs pas les entraînèrent vers ce fleuve indécent traversant ce sentiment d’impuissance devant la pâle réminiscence des souvenirs désormais frelatés, empreints d’une…
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L’esprit de l’utopie
Il pleuvait et j’avais épuisé tous mes rêvesd’enfant. Lors, la camarde osa me demanderpourquoi ne pas tenter une ultime odyssée :retrouver en enfer mes rencontres trop brèves ? Enfer et paradis ? Fadaises dont je ris !Un couteau de cuisine, mon tour operator,taillada derechef jusqu’à ce que les poresde ma peau suintassent, m’exonérant de vie. Quelle surprise pour moi,…
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Chloé – un amour d’outre-tombe
Paul se retrouvait seul. Chloé était morte et enterrée. Il conserverait sa maison, le jardin et la porte en fer forgé. Comme un retour à la case départ. Le rosier grimpant témoignait qu’une main et sans doute un corps dont elle constituait un prolongement étaient passés par là pour le tailler. Mais la fragilité des…
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Petit poème biblique apocryphe à la manière des Grands Rhétoriqueurs des XV-XVIe siècles
En tant de poèmes d’Hiverje vous offre deux fois dix verssur le désert et sur Marieet sur son auguste mari.Juché du haut de son chameauJoseph ne lui arracha mot.Le charpentier à l’œil grivoisdit : le ciel est gris, vois,c’est pour ce soir l’évènement,car Yhavé qui jamais ne mentnous annonce son arrivéeet qu’en croix il mourra,…
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Une aventure extraordinaire de Marc Hiver
Feuilleter sur l’écran de votre écran ce « flip-book ».Le mettre en « plein écran » (full screen) en cliquant suren bas et à droite avant « … »
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Morocco
J’étais à Morocco le jour où il advintque je croisai la lune à deux pas du soleildans un espace-temps troué en nid d’abeilleavec pour tout bagage un signe du destin. Je vis en majesté la Reine de l’Atlassur un tapis volant à moins qu’il fût persanm’invitant sans détour par ses yeux khôl perçantà rejoindre céans…
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Un conte de Noël
Les enfants grandissent toujours trop vite. Et avec la fin de l’innocence, c’est une partie de la magie de Noël qui fiche le camp. La neige étendait son manteau blanc sur la ville encore endormie et, derrière la fenêtre, de gros flocons dansaient leur joyeuse sarabande. Une maman élevait seule cinq gamins, de pères différents,…
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Grotesque, vous avez dit grotesque ?
Grotesque ? Tu sembles ridicule, bizarre,risible au demeurant, parfois mêlé d’effroi.Et pourtant je t’admire ô ma tête de l’art— Théophile Gautier dans la Vallée des Rois ! J’aime les grimaciers et leurs difformités !Lors un Quasimodo me paraîtra sublimequand un vers dépoli sur ses tout petits piedsfoule en terre inconnue et scande fort la rime. Non !…