Auteur/autrice : Marc Hiver

  • La fable de l’auteur, du narrateur et de leur personnage (version remaniée)

    Je ne l’ai pas quittée sur le quai d’une gare après l’unique nuit et en lui promettant de se revoir bientôt pour d’autres moments rares à chercher l’harmonie jusqu’à la fin des temps. Je l’ai assassinée. Qu’elle ne souffre pas après avoir goûté au bonheur absolu dans les bras d’un amant, et ce jusqu’au trépas…

  • Le chemin de Damas

    1. sonnet Je vivais dans le stupre et la fornication comme un Sardanapale à Sodome et Gomorrhe et au Capharnaüm de mon esprit retors parmi les bras cassés combien tordus du fion. Les femmes lascives trouvaient gré à mes yeux et ma lubricité se livrant dans les claques de l’Asie du Sud-Est où sévissaient les…

  • Oyez mes amis

    Oyez mes bons amis le doux chant des oyats s’accordant à la brise au plus haut de la grève sur les dunes plantées où un beau jour baya le cri des goélands qui s’affament sans trêve. Je chante les ormeaux et même les tourteaux au milieu du varech quand la mer se retire et que…

  • Ainsi parlait le docteur H.

    Après dix ans passés sur les hauts de Cherbourg, la montagne du Roule ayant fait son office enjoint au bon docteur de redescendre en lice et jaser sans détour. Sa savante parole auréolée des astres aurait dû lui valoir une oreille attentive ou du moins accrocher sur les bords de la Dive les mots du…

  • Du temps que j’étais un Martien

    Du temps que j’étais un Martien moi, le bonhomme vert dans une soucoupe volante je vis un astre bleu. Mon GPS quantique m’informa que c’était la Terre où j’allais atterrir du côté du Moyen-Orient. Je refusai donc cette option en optant pour l’Europe de l’Ouest et surtout cette France dont j’aimais le babil. C’est à…

  • Les mémoires d’un nécrophile

    Je n’ai jamais été malade et cette nécrophilie caractéristique de l’état de mes nerfs et de mon cerveau, aux dires des psychiatres éminents de l’hôpital Sainte-Anne, prouve en fait l’extraordinaire finesse des facultés dont m’a pourvu la nature. Depuis que je suis à nouveau derrière ces murs, je peux me louer d’être tombé dans les…

  • Le jour où je suis devenu poète

    Je me suis réveillé tantôt j’étais devenu ivrogneux et par conséquent poéteux avec sur le chef un chapeau. Je me suis mis à rimailler, à prosodier tutti frutti des vers aux pieds de Lou Ravi et la tête au cul constellée. L’alexandrin, son hémistiche, n’ont plus aucun secret pour moi leurs musiques de bon aloi…

  • La fin du monde

    Je ne veux pas mourir avant la fin du monde, monde de mes pensées avec des mots à moi, des mots symbolisant sur ma planète ronde une réalité dans ma tête de bois. L’apocalypse et moi, c’est une vieille affaire où mon entendement tout au bout de sa vie, ne peut se cramponner même à…

  • L’usine à gaz

    L’Être humain est une usine à gaz qui pète et qui rote, voilà ce qui me botte, car jamais ne m’en blase. Même ma mie ô gué ! pète en catimini sous sa jupe mini avant d’aller caguer. Ne dit-on pas d’ailleurs. qu’il vaut mieux péter en société que de mourir tout seul ? Le…

  • Larmes, joie

    Blanche Roche si noire ! j’en viendrais à l’oublier — je suis là titillé par ma vie comme un bœuf qu’on tocquerait ! Ma presqu’île — un renard sur la lagune derrière les dunes, les oyats, un petit champ, trois cabanes, demain le pain ! Enluminée de larmes ma joie, expansion en l’espace, malgré le…

  • Un sonnet au poil !

    De Zanzibar à Tombouctou les femmes rasent leur minou et moi je suis glabre des joues avec pour arme un coupe-chou ! Le poil toujours recommencé qu’il faut sans cesse éradiquer comme les ongles sont coupés tant sur les mains que sur les pieds. Éternel recommencement qui occupe tout notre temps et pousse après l’enterrement.…

  • Conversation critique de Claude AI sur mon poème « Les Paysages m’ennuient » déjà publié dans « poemes »

    Bien. Voici une lecture serrée, sans ménagement. La structure générale Neuf strophes de longueur variable, mètre approximatif autour de l’octosyllabe, rimes embrassées ou croisées selon les strophes — mais pas de schéma tenu d’un bout à l’autre. C’est assumé ou c’est flottant ? La question se pose, parce que certaines strophes sont très carrées et…

  • Barde et histrion

    Barde et histrion, moi le thuriféraire ès poésies, je reste mirmillon des vers n’en déplaise à tous les sycophantes. Vous les catéchumènes un peu naïfs, épigones sans génie de leur maître, ne seriez-vous pas un peu nécromants dans l’art funéraire des lettres ? J’en ai connu des coryphées, des chefs de chœur patentés, mais jamais…

  • Les paysages m’ennuient ! (remanié le 11/04/26)

    Je ne voudrais pas me mentir : je ne suis pas impressionniste ! L’eau qui grelotte et qui soupire ne fera pas vibrer mon cistre. Le coaltar qui brille au soleil dans l’outrenoir des lourdes plates ; les vaquelottes, les Abeilles, ne m’inspirent que rimes plates ! Entre fort Joret et Fréval, sur l’étroit chemin…

  • Dans les bras de l’amour

    Je souhaite mourir dans les bras de l’amour au son d’un limonaire extatique et farouche avant qu’un flot de sang jaillisse de ma bouche comme un feu d’artifice au rouge de velours. Matutinalement je sens déjà l’extase de mon âme perchée par la félicité avec les cormorans sur un noble rocher en surplomb de ma…

  • Un amour contrarié

    Elle aimait le biniou et le pâté Hénaff en pays Bigouden. Elle en portait la coiffe dans sa chère Bretagne où palpitait son cœur avec ce qu’il fallait de petits pots de beurre. Lui, c’était le Normand, vivant en Cotentin du côté de Cherbourg à l’abri des horsains. La Montagne du Roule, elle le protégeait…

  • Démangeaisons

    Et après tant d’années d’une vie atopique, ma peau encor’ sensible au foutraque prolixe se desquame en secret comme si une rixe conduisait à la mort en grattant ce qui pique ! À force de gratter, mon âme ensanglantée se repaît du printemps vers une apothéose dont je soupçonne en vrai l’abominable ptose de raviver…

  • Cosmic love

    Lors de la conquête de l’espace, et sur un plan strictement physiologique, rien n’empêchait un couple de se livrer à des ébats amoureux. Mais à quel prix ! Au début d’un séjour en apesanteur, les fluides sanguins migraient du bas vers le haut, provoquant l’apparition de symptômes tel un visage bouffi pas très sexy. Bien…

  • Le loup-garou du Cotentin

    Il m’arrive souvent les nuits de pleine lune de me changer en loup et d’arpenter la grève du côté de Fréval où le Nô sort des dunes avant de me happer comme un attrape-rêves. J’y vais déchiqueter des souvenirs anciens, les mânes de mes morts du temps que j’étais beau quand les filles en fleur…

  • Entre deux morts

    Au commencement, la Mort régnait sur la Terre. La Terre était stérile et de vie, point du tout. Pas le moindre plancton pour nourrir notre mer, et dans l’abîme froid rien qui fût un peu doux. Alors, comme se réveillant du fond des âges, la Mort dit à son serviteur du nom de Dieu :…

  • La tour de Pise

    Si un jour il m’était donné de dégommer la tour de Pise je vous dirai avec franchise, mais aussi, pourquoi se pencher ? Alors si par inadvertance je faisais cocu un ami je verrais en catimini — et en riant — sa déchéance. Tiens ! si les drones de la guerre se croient malins avec…

  • Pas con

    Je ne voudrais pas qu’on me prenne pour un con sous le prétexte que je serais fou, quoique ! Grotesque est mon credo, Cyrano, mon bedeau et j’envisage même la farce pénultième. Toi le poète dont on chante le pur don, que ton vers nous enchante ! Alors, moi, Don Quichotte avec Sancho, mon pote,…

  • Milouze se déchaîne

    Milouze l’inspecteur, peut-être l’inspectrice, toujours au bord du genre et toujours à la fête se faisait une joie de mener cette enquête à partir d’un cadavre, distinction fondatrice. Le légiste entama de visu son constat sur le corps pantelant d’un cisgenre impudique exhibant mille plaies avec pour tout viatique un rictus de douleur à l’orée…

  • Je veux mourir demain

    Enfin ! libéré du bonheur, je peux m’adonner au malheur dont je veux au clair de la lune tremper dans les larmes ma plume. Désespoir, assombris le ciel, donne à mes vers le goût du fiel que je redoute l’avenir et chasse l’idée de plaisir ! Je voudrais comme toi, Werther, me vautrer dans le…