Auteur/autrice : Prune Fatôme

  • D’amour ou d’idéal

    Avec mon baluchon d’amour et d’idéalj’avais repris la route escarpée et sauvagequi mènerait tout droit au pays de santaloù le parfum se mêle à un tendre ramage. Au loin, crêpés de blanc, des sommets de vertusemblaient trop éloignés pour un être fugace,mais moi je devinai — à ce qu’il m’apparut —que c’était à portée de…

  • De l’amour

    L’amour est ainsi fait qu’on en demande encore,ce qui n’est pas le cas de la mort et pour cause !J’ai connu des amants qui se donnaient la mort,mais jamais des défunts voyant la vie en rose.          Les danses macabres n’ont plus cours aujourd’huini les karaokés dans tous les mausolées,car tous les bals perdus préféreraient la viemême…

  • Mon idéal

    Je veux de l’idéal retrouver l’harmoniedans la sphère céleste où file mon étoilequi éclaire mon âme au cœur de cette nuitvers l’ailleurs de l’esprit quand le corps met les voiles. Une folle équipée projette sur la toilele désir sensuel pour qui aime la vied’un film au ralenti faisant dresser les poils,l’émotion palpable au soir des…

  • Le poil au sein

    Il était une fois une princesse qui avait tout pour elle. Elle était belle et riche comme une princesse. Son père, le grand Mamamouchi de Babylone la destinait à un mariage digne de sa fille bien aimée, de son rang, et des intérêts du royaume. En ce temps-là, une tradition voulait que les prétendants pussent…

  • Je suis une harpie

    Je suis une harpie enfermée dans la cage qui lui sert de prison à la vue du regard des benêts de l’enfer se pensant de passage alors qu’ils sont cloués sur leur vie de hasard.   Une sorcière en moi un peu anthropophage se repaît al dente d’une âme à manger tard par un tour…

  • Au pays des hommes nus

    C’est au pays des hommes nus Que maints Apollons callipyges De leur séant faisaient la pige. On n’y était jamais déçu ! J’avais descendu l’Amazone Sur la pirogue balancière, Moi, l’orpailleuse braconnière Enivrée de milliers d’arômes. De ces Adams au Paradis Je vis entre les frondaisons Nombre de bijoux polissons Qui me mirent en appétit.…

  • Prune Fatôme

    Née en Poésie-Nouvelle Géné, féministe dans l’âme, elle refuse la guimauve et les fleurs bleues. Son travail s’inscrit dans le cadre des catégories de l’impectitude et de l’ernesthétisme.

  • Sonnet du sansonnet

    Le ciel s’emplit soudain d’un étrange froufrou : L’étourneau sansonnet, virtuose en parade Imite les accords d’une cloche malade Et jette à ce vent d’août ses refrains de quat’ sous. La voix en son gosier de bel imitateur Tantôt grave et profonde, ou bien vive en cascade Fait écho au passé d’une plainte en ballade…

  • L’homme est un loup pour l’homme

    L’homme est un loup pour l’homme et je sais des barzoïs attendant de ma part qu’on sonne l’hallali afin de l’égorger dans sanglante partie où l’effluve se mêle à mon eau de monoï. Quel fier lévrier russe et digne du Bolchoï poursuivant l’Ysengrin dont l’étoile pâlit devant ces canidés avant toute ordalie chantée par le…

  • Il n’a pas inventé la poudre

    Il n’a pas inventé la poudre Ni même la bombe atomique : Une ignorance pathétique, De guerre ce n’est pas un foudre ! Il ne pollue pas la planète, Respecte la couche d’ozone Et de la flore et de la faune Il en conçoit comme une Mecque ! Le réchauffement climatique Ne lui doit rien assurément Son…

  • Diogène et moi

    De son tonneau Diogène avait cherché un homme. Moi, la femme, j’aurais aimé qu’il fût un baume à mon désir, cet homme, le doux gentil en somme, pelotant notre amour en un beau jeu de paume. Parfois j’ai rencontré en sautant une haie sur ma route au hasard un peu d’humanité qui procura chez moi…

  • La nuit souvent je dors

    Dans mon lit souvent je dors, Mais quand je ne rêve pas Je repense à ces trésors Cachés sous mes falbalas. Mon vieux pilou pelucheux Protège ce corps jeté Dans un esprit curieux Au creux de mon cher passé. J’espère encore un chaland Au futur antérieur Quand nous aurons pris le temps D’un instant de…