Auteur/autrice : Prune Fatôme

  • Le vrai du beau

    La couche fraîche d’amour baigne le feu des amants toute la nuit et un jour, leurs désirs trop impatients. L’hirondelle ce matin et les abeilles déjà butinant des lendemains qui chantent hantent mes pas. Vois le phacochère en rut qui piétine le gazon et se donne pour seul but de se trouver un blason. Le…

  • Islamabad, ville d’Allah

    J’irai sans avenant, mais pas sans avenir descendre l’avenue attendant sa venue. Puis à Islamabad poursuivrai ma ballade ; et manger la salade me sera régalade. Nous parlerons de paix et aussi de pétrole dans la ville d’Allah. C’est au nord du Pendjab que la peine de Job atteindra le Benji.

  • Le chant des orphelins

    Formidable lagune à la pointe du jour Où des roseaux pensants s’égarent en riant Du peu d’aménité pour ces êtres trop sourds Au chant des orphelins qui pleurent dans le vent. Et voilà que la mer dans un ressac ultime Sur des rochers de marbre à la pointe du temps Y va de sa colère…

  • Un si doux mensonge

    À vrai dire un mensonge, en l’état de mon âme, proféré sur le tard, mais plus tôt que prévu troubla dans la foulée cette part inconnue qui s’érigeait en moi comme chez toute femme. Cette déclaration s’invitait in petto par un jour de printemps sous de très bons hospices où l’on sent que le temps…

  • Jouvence de l’amour

    Je n’ai jamais compris Pourquoi un métronome Régirait notre vie De morts-vivants — en somme. Et puis t’as débarqué Avec tes illusions, Alors j’ai adoré Partager ta vision. Le temps semble infini Et très court à la fois Qui nous a réunis. Parfois je te confie En riant l’autrefois Tant le présent sourit.

  • Questionnement

    Libellule illusoire as-tu jamais rêvé qu’un papillon de nuit dans la tiédeur du soir abîmait sa folie sur les vergers en fleur ? Et une rose jaune éclose un beau matin, quand le jaune et le rose affichent leurs couleurs, prend-elle au dépourvu l’abeille laborieuse ? La vesprée printanière en sa douceur lunaire attend-elle l’étang reflétant son…

  • Le pays où je vis

    Je vis dans un pays où la mélancolie n’est jamais de saison et bannit la mort lente qui enterre ses fruits tombés en vaine rente de cette nostalgie dont l’âme fait son lit. Le rêve d’un ailleurs vers des contrées arides, quand le sang indigo coule sans avenir, n’émousse pas l’amour exaltant les soupirs des…

  • La voix du vent

    J’envie la voix du vent et la vague frivole aux cris des cormorans qui prennent leur envol. Je vis donc dans l’envie de rêver éveillée et de voir à l’envi la mer ensoleillée, car l’oiseau et l’humain en maintes occasions y dansent leur destin. Alors que mes pensées toutes à leur passion transportent mon aimé…

  • Et si je vous disais…

    Et si je vous disais ce qu’il m’échut de voir quand une joie coupable envahit mon esprit et que je me suis tue devant tant de folies sans souci de mon âme en son vague illusoire ? Mais voilà, il est tard et je vais me coucher sur un lit de damas propre au songe,…

  • Les fleurs de mon jardin

    Les fleurs de mon jardin ont d’étranges couleurs exhibées sans pudeur, pétales écartés, corolle de soie, organe foliacé, creusant un hypogée où enterrer mon cœur. Le pistil odorant, style, ovaire et stigmate, sous couvert de parfum enivre le passant d’une troublante envie de cueillir en rêvant, car Flore et Pomona offrent leurs aromates. Je me…

  • Etait-ce toi l’amour ?

    Était-ce toi l’amour que j’avais rencontré dans les vertes prairies au milieu des colchiques où je pansais mon cœur par trop mélancolique en sachant qu’on vivait une fin de l’été. Un homme de la terre avec ce que cela induisait de bourru et même de sauvage sous sa barbe fleurie alors qu’en plein orage sans…

  • La lune me sourit

    La lune me sourit et le soleil aussi quand les nuages blancs emportés par le vent rient en dehors du temps tout comme des enfants qui rêvent dans un lit à l’abri des soucis. Oui, Jésus a lavé l’originel péché, les défunts se lèvent pour une ultime trêve vers la rencontre brève où jamais plus…