Au terme de mon temps

Au terme d’une vie passée dans l’opulence
d’un palace au palais, de jets privés en Rolls,
je n’ai aucun regret d’une telle existence,
baignant dans le caviar à la louche de ruolz.

J’aurais pu composer en mille et une nuits
un harem impérial avec toutes les femmes
qui eurent le bonheur de partager mon lit
autant qu’il fût possible au paradis des âmes.

Ma dernière lubie, pour ces quelques années
avant que mort s’ensuive et d’aller au tombeau,
sera d’un monument, d’un riche mausolée,
jeter l’ombre éternelle à la face des sots !

En attendant ce jour, n’en déplaise au jaloux
je consacre mon temps avec munificence
entre thésauriser des rêves encor fous
et mon jardin secret sur les bords de la Rance.

Toi qui mourras petit comme tu as vécu
et dont le quotidien entamé en géhenne
ne décolla jamais, pas plus haut que ton cul,
suicide-toi céans, car tu fais de la peine.

Et voilà que le vent enflamme les nuages
emportant avec lui les ailes du géant
que je suis sans conteste au sommet de mon âge
dans un vrai tourbillon sans souci du néant.

Un nouvel avatar dans un transhumanisme
dévolu aux puissants me réincarnera
en d’autres galaxies et à travers le prisme
de cette poésie pour des soirs de gala.

Le saligaud de pauvre en proie au désespoir
se raccroche à un mythe, en un prêt-à-porter
au chœur de son église et comme un à-valoir
sur la promesse vaine enkystée du curé !


Commentaires

3 réponses à « Au terme de mon temps »

  1. En attendant reste encore un peu ici
    I n’y a pas foule dans cette galaxie
    Tes ailes de géant ne sauraient t’empêcher
    De rêver d’un Taj Mahal où aller régner

  2. Avant que de franchir l’écluse de la transhumance,
    Je note que tu t’marémotrices, sur le bord de la Rance.

    Deux attentes valent mieux qu’une disait un Cosquevillain.

  3. Daniel Muller-Ferguson

    J’aimerais tenir l’enfant de Marie
    Qui a fait graver sous ma statue :
    « Il a vécu toute sa vie
    Entre l’honneur et la vertu »
    Moi qui ai trompé mes amis
    De faux serment en faux serment
    Moi qui ai trompé mes amis
    Du jour de l’An au jour de l’An
    Moi qui ai trompé mes maîtresses
    De sentiment en sentiment
    Moi qui ai trompé mes maîtresses
    Du printemps jusques au printemps
    Ah, cet enfant de Marie, je l’aimerais là
    Et j’aimerais que les enfants ne me regardent pas

    J. Brel

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