Au terme d’une vie passée dans l’opulence
d’un palace au palais, de jets privés en Rolls,
je n’ai aucun regret d’une telle existence,
baignant dans le caviar à la louche de ruolz.
J’aurais pu composer en mille et une nuits
un harem impérial avec toutes les femmes
qui eurent le bonheur de partager mon lit
autant qu’il fût possible au paradis des âmes.
Ma dernière lubie, pour ces quelques années
avant que mort s’ensuive et d’aller au tombeau,
sera d’un monument, d’un riche mausolée,
jeter l’ombre éternelle à la face des sots !
En attendant ce jour, n’en déplaise au jaloux
je consacre mon temps avec munificence
entre thésauriser des rêves encor fous
et mon jardin secret sur les bords de la Rance.
Toi qui mourras petit comme tu as vécu
et dont le quotidien entamé en géhenne
ne décolla jamais, pas plus haut que ton cul,
suicide-toi céans, car tu fais de la peine.
Et voilà que le vent enflamme les nuages
emportant avec lui les ailes du géant
que je suis sans conteste au sommet de mon âge
dans un vrai tourbillon sans souci du néant.
Un nouvel avatar dans un transhumanisme
dévolu aux puissants me réincarnera
en d’autres galaxies et à travers le prisme
de cette poésie pour des soirs de gala.
Le saligaud de pauvre en proie au désespoir
se raccroche à un mythe, en un prêt-à-porter
au chœur de son église et comme un à-valoir
sur la promesse vaine enkystée du curé !
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