Par un jour de ciel bleu
sans nuages, sans masque
où je traînais mes basques,
on me fit les grands yeux.
Et dans ce Pays basque
au joyeux camaïeu,
terre de tant d’aïeux
je découvris la vasque.
Cette cuvette en marbre
ornant une fontaine
dont on voyait les veines
m’invita sous son arbre.
Les grands yeux m’attendaient
et la bouche coquine
aux lèvres d’opaline
sur un banc souriait.
Je souriais aussi
et lui prenant la main
lui dis d’un ton badin
ne pas être d’ici.
Comme une haie d’honneur,
la rangée de platanes
ombrait mon Occitane
au doux parfum d’ailleurs.
Je lui fis des avances
qu’elle accueillit ma foi
dès la première fois
en bonne intelligence.
Je l’épousai tantôt
il y aura trente ans…
et tous nos beaux enfants
chantent du bel canto.
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