Un vol de femmes nues

Un vol de femmes nues par dessus la maison
se posa au jardin parmi les frondaisons
et le pin parasol sous le soleil brillait
lors que sur un transat à sexte je priais.

Jamais je n’avais vu autant d’anges fessus
de toutes les couleurs en descendant des nues,
d’un charmant paradis, ces oiseaux à mamelles
plus que vous n’en verrez battre l’air de leurs ailes.

Incroyable, mais vrai, leurs voix à l’unisson
faisaient vibrer les fleurs, les mulots polissons
et tout ce qui vivait jusque dans ce bassin
orné de nymphéas dans l’antique jardin.

Libellules d’amour vibrionnant déjà
sans pudeur inutile exhibant leurs appas,
les belles butinaient loin d’un mythe en porphyre
dans le simple appareil sous un si doux zéphyr.

Le soleil au zénith décocha ses rayons
sur les corps dont la peau rougit de passion
et moi dans mon transat sous le pin parasol
je tendis mes deux mains vers ces frêles idoles.

J’accordai ma guitare afin que l’on comprît
qu’en moi un faune enfin au grand jour se reprit,
refusant la luxure et sachant se tenir
devant tant de beautés qu’il ne faudrait flétrir.

Moi, aux pensées impies, poursuivi par le stupre,
je devins romantique et refusant le lucre
qui s’attache au désir quand il compte ses billes
pour n’offrir au final que des regrets aux filles.

Aussi mes compagnons sortant du monastère
quittèrent le pilou de leurs tenues austères
et au jardin d’Éden ces nobles cénobites
découvrirent la joie quand un p’tit cul l’habite.

Bien sûr, un sycophante épiant son prochain
dénonça l’innocence en des mots de crachin
et des épouvantails arrivés en renfort
firent peur aux oiseaux, sacré coquin de sort !

 


Commentaires

5 réponses à “Un vol de femmes nues”

  1. Diane Lecomte

    Sycophantes et cénobites
    sont des rimes adorées de l’auteur
    pour nous pousser à l’erreur
    de lui répondre par la voie interdite !

  2. Un vol de femmes nues, par-dessus la maison
    Se posa au jardin parmi les frondaisons…

    Jamais je n’avais vu tant d’anges fessu(e)s
    De toutes les couleurs en descendant des nues…

    
Incroyable mais vrai leurs voix à l’unisson

    faisa(i)t vibrer les fleurs, les mulots polissons…

    
Libellules d’amour vibrionnant déjà
    Sans pudeur inutile exhiba(ie)nt leurs appâts…

    
Le soleil aux zénith décocha ses rayons
    Sur les corps dont la peau rougit de passion…

    
J’accord(er)ai ma guitare afin que l’on comprît

    qu’en moi un faune enfin au grand jour se reprit…

    
Moi, aux pensées impies, poursuivi par le stupre

    je devins romantique et refusa(i)t le lucre…

    
Aussi mes compagnons sortant du monastère
    
quittèrent le pilou de leurs tenues austères…

    
Bien sûr, un sycophante épiant son prochain
    dénonça l’innocence en des mots de crachin…

    
Fi(ren)t peur aux oiseaux, sacré coquin (de sort) !

    De la concision, bon sang, souviens-toi de sketch de Fernand Raynaud « Les oranges ».

    1. Comme je l’écrivais tantôt, je me considère parchin comme un barde qui raconte des histoires plus ou moins bien versifiées. Et de temps en temps, je commets un « chant » au sens de « chanson de geste » (Roland & Cie) dont la longueur dépasse celle d’un sonnet, a fortiori d’un haïku. Or, le conteur se doit de ménager dans son récit des temps forts et des temps faibles et souvent des digressions qui apparaissent comme autant d’appogiatures dans le déroulé de ses vers.

      Bref, je reste fidèle à Emmanuel Kant qui, dans sa préface de 1781 à sa « Critique de la raison pure », remarquait :
      « L’abbé TERRASSON dit bien que si l’on estime la longueur d’un livre non d’après le nombre de pages, mais d’après le temps nécessaire pour le comprendre, on peut dire de beaucoup de livres qu’ils seraient beaucoup plus courts s’ils n’étaient pas si courts. »

  3. Il faut oser, il l’a fait.
    🙂

  4. Il fallait le faire, il a osé.

Répondre à Marc Hiver Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *