Catégorie : poemes

  • L’inconnu dans la vitrine

      Je suis séduite par le portrait d’un homme que je ne connais point il est toujours un peu en retrait muet, qui m’interpelle néanmoins Il m’apparaît aimable et doux ses yeux sont malice et chaleur bref je lui trouve un charme fou et lui conterais volontiers mes malheurs Je le croise dans la vitrine chaque…

  • Fée clochette

    Fée clochette Fée je ne suis pas Clochette pas davantage J’en suis bien déçue Mais bonheur je vous souhaite Par ce modeste tanka

  • Tempo

    La vie est une danse. S’il faut toute sa jeunesse pour atteindre la cadence imposée par l’histoire, et pour l’accompagner, Vivre avec son époque c’est en accélérer le tempo, dans un cosmos où sont immuables, les rythmes planétaires. Echouer serait se mettre à l’écart et faire tapisserie. Comme s’il était nécessaire à notre survie de…

  • Strophes pour l’anniversaire d’un vieil ami poète

    En ce soleil de mars, l’approche d’une dizaine Affecte ton jugement et nous fait de la peine. Comment penser sitôt un jugement prochain Où Michel ad litem trancherait ton destin. Finirais-tu reclus en enfer à perpète Pour rejoindre in fine d’autres maudits poètes, Serais-tu ajourné, jouirais-tu d’un non-lieu, Convaincrais-tu le saint que tu n’es pas…

  • Carmet : rouge ou jaune ?

    Jean Carmet, né le 25 avril 1920 à Bourgueil et mort le 20 avril 1994 à Sèvres, est un acteur populaire et scénariste français. Rouge comme le Bourgueil dont il fut le meilleur ambassadeur, Jaune comme le Pernod qu’il mit en scène dans « La soupe aux choux » Texte écrit lors de l’insurrection des gilets jaunes.…

  • Stars and stripes

    Après que bien des guerres aient brisé nos familles, après que nous ayons rejeté nos drapeaux, ils nous ont engagés dans des chemins de rêve. Nous nous sommes convaincus que nous avions gagné le droit de vivre et le droit d’être heureux, de n’être plus des mules comme l’étaient nos parents, d’être des hommes libres…

  • La créature mathématique

    Il a tout oublié du rythme des saisons, la douceur de la main de sa mère sur sa joue, l’odeur du ciel chargé de pluie et de tonnerre et la fraîcheur du vent qui traverse les prés. La naissance des agneaux, le dressage des chevaux ne sont plus qu’éléments de sa compréhension. Même plus des…

  • Septembre à la plage

    Le soleil s’est enfui, camouflé pour l’hiver dans le coeur des enfants. Et leurs châteaux d’Espagne abattus par le flot ne nous protègent plus du vent qui siffle et court et glace sur le sable les derniers estivants. Il prépare le terrain pour l’automne qui approche, repousse vers les villes les serviettes et les chiens,…

  • Farce au vinaigre

    Il lui avait dit.. Qu’ils n’se quitteraient jamais Qu’la vie sans elle Jamais il ne pourrait Elle y croyait Qu’il était de bonne foi Pourtant lui-même il n’y croyait pas Une chanson un peu à mi-chemin Entre les Choses de la vie Hélène et son refrain Et J’te le dis quand même Mais Bruel s’est…

  • Au pays des hommes nus

    C’est au pays des hommes nus Que maints Apollons callipyges De leur séant faisaient la pige. On n’y était jamais déçu ! J’avais descendu l’Amazone Sur la pirogue balancière, Moi, l’orpailleuse braconnière Enivrée de milliers d’arômes. De ces Adams au Paradis Je vis entre les frondaisons Nombre de bijoux polissons Qui me mirent en appétit.…

  • Les Soirs

    Les Soirs Les soirs, justes et passionnés d’amour, Je les veux. Si vieux avec leurs rayons d’or ferments. Si la brume dans les récifs prolonge le feu… J’attends son embardée! Azur d’atmosphère une centaine de rayons de soleil Nuageux sur les archipels, Vous regardent du firmament! Une centaine de nuages en mouvement, Dans l’immense sublime,…

  • Odelette aux culs-de-plomb

      Il n’y a plus de temple, les marchands ont payé. Expulsé le souffle spirituel qui l’occupait Par la chimère des prix et celle des remises Sur des produits qui valent le sang de nos chemises Payé par l’indolence des pauvres de là-bas. Il n’y a plus de rêves, les clercs de la tévé Qui…

  • Portrait détonnant

    On la dit Diane qui tonne elle est la blonde qui bougonne quand on la tance ou la sermonne   On la connaît très désireuse de se faire un peu curieuse sur des pensées un peu douteuses   Elle souffle brise ou tempête pas un oiseau qui ne l’arrête ses flèches sont poison ou fête…

  • Sonnet du sansonnet

    Le ciel s’emplit soudain d’un étrange froufrou : L’étourneau sansonnet, virtuose en parade Imite les accords d’une cloche malade Et jette à ce vent d’août ses refrains de quat’ sous. La voix en son gosier de bel imitateur Tantôt grave et profonde, ou bien vive en cascade Fait écho au passé d’une plainte en ballade…

  • La Chasseresse

    On l’appelait la chasseresse, mais au fait quel était son nom ? On l’accusa la pécheresse pas comme il faut, comme un poison.   On dit qu’elle aurait disparu après une mauvaise blague. Alors ses muses se sont tues et elle ne fait plus de vague.   Depuis l’on cache son prénom sauf si l’on…

  • L’homme est un loup pour l’homme

    L’homme est un loup pour l’homme et je sais des barzoïs attendant de ma part qu’on sonne l’hallali afin de l’égorger dans sanglante partie où l’effluve se mêle à mon eau de monoï. Quel fier lévrier russe et digne du Bolchoï poursuivant l’Ysengrin dont l’étoile pâlit devant ces canidés avant toute ordalie chantée par le…

  • Larmes de psautier

    Larmes de psautier   A Jean Ray     Tu es l’onde qui court au-delà du malheur, Mes larmes de pitié, le vent fou les ramasse, L’éternité est le cœur de son arc   Tu es mon faux semblant, ma bannière L’arc-boutant d’un serment de métal Mes larmes de piété, le vent fou les ramasse…

  • Vers de contact

    Vers de contact Tôt ce matin j’ai reçu Dans ma boîte de partage Puisque lettre il n’y a plus Un envoi de E-message Cinq ou six vers de contact …écrits ma foi avec tact Je lus avec vif plaisir Des mots bleus très gracieux Ça me fit presque rosir ils étaient un peu vieux- jeu…

  • Il n’a pas inventé la poudre

    Il n’a pas inventé la poudre Ni même la bombe atomique : Une ignorance pathétique, De guerre ce n’est pas un foudre ! Il ne pollue pas la planète, Respecte la couche d’ozone Et de la flore et de la faune Il en conçoit comme une Mecque ! Le réchauffement climatique Ne lui doit rien assurément Son…

  • La femme réverbère

    Elle est debout, droite et fière  Même usée, même fatiguée Elle veille, dans le silence de l’obscurité  C’est la femme réverbère    Elle éclaire, en été comme en hiver Sa précieuse communauté  De sa lumière , de sa réalité  Cest la femme réverbère    Elle a connu les coups de foudre  Les nuits de brume,…

  • Diogène et moi

    De son tonneau Diogène avait cherché un homme. Moi, la femme, j’aurais aimé qu’il fût un baume à mon désir, cet homme, le doux gentil en somme, pelotant notre amour en un beau jeu de paume. Parfois j’ai rencontré en sautant une haie sur ma route au hasard un peu d’humanité qui procura chez moi…

  • Respons

    Dans l’eau de ta claire fontaine J’ai bu ta chair aux jambes nues, Creux rose, qui s’offre incertaine En des dentelles entrevues J’ai volé en croquemitaine Les cambrures tant détendues Voussure si peu puritaine De tes venelles distendues Corolle fait mât de misaine Couturée, morsure patène D’un cri je te fais boursouflure Etirée jusqu’à ce…

  • Cœurs de violettes

      Cœurs de violettes Il était d’un âge où l’on n’y croit déjà plus La vie accorde aux blessures de sentiments Des pansements pour déchirures non voulues Qu’elle recoud sur des corps presque sénescents   Le soleil de l’été s’invita de fanfare Son regard avait croisé des yeux primevère Tous sens ravivés, abandonnant son cafard…

  • Tangos de mots

    Les tangos de mots   Psalmodie de mots songes mensongers tanguent un tango les sens à l’envers ils soufflent des vers   Comme des ganchos l’envers en descente tout en bas du dos car tous ces noirs cœurs et ressentis mentent danseurs voleurs d’heures   Cuisante morsure danse qui ravage venin ou brûlure ode morte…

  • Les trois bannis

    Trois bannis ont été exilés pour toujours d’un douar qu’ils avaient nourri au fil des ans de leur vivante poésie malgré le temps où ils pensaient œuvrer à des Belles-de-jour.   Communauté, partage, on croyait à l’amour des lettres sublimées vers quoi un doux penchant semblait ouvrir le cœur à jamais palpitant alors qu’un vent…