Catégorie : poemes
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La danseuse
La danseuse Sa robe papillon, son regard bleu de soie Avait charmé jadis, au grand bal de la cour, Elle régnait sans peine, en symbole d’amour, Chacun la contemplait, elle montrait la voie. Car sa valse plaisait, oh ! la dansante proie, Au bras d’un soupirant en rêve troubadour, Virevolte et jeté, volutes sans contour,…
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Rimes embrassées
Ô rimes embrassées, connaissez-vous mon cœur qui s’accroche à l’amour dans l’espoir d’être heureux ? Lors que coquecigrue et dragon par le feu embrasent le nuage au firmament — tu meurs ? Si tu me dis encore à l’orée de la nuit attendre d’une étoile en sa constellation une clarté farouche avec toute passion, je…
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Autobiographie approximative d’une poule de clocher
Le ciel avait mal dormi. Les nuages bâillaient. Le zinc des gouttières faisait grève. Sur un toit de Touraine, le vent, ce stagiaire zélé de l’Histoire, révisait ses éléments de langage. C’est sous ce toit qu’un Gepetto forgeron, m’accoucha d’un cuivre obstiné. Il me fit coq. Pas par mérite. Par filiation. M’offrit une crête comme…
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Pérenne
Perenne Qui écrira les mots du rouge des nuages qui sertira le vent dans l’écrin du tourment quand la lune complice étend son manteau blanc au soir du crépuscule et au matin des âges ? . C’est le temps, son burin, martelant les messages qui dentelle et dessine abreuvé sobrement des rires, des peines le…
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Le bal des ego
Goutte de trop dans ta coupe d’utopie, tu parles fort, tu crois saisir l’ensemble — le monde esquisse un sourire discret : hubris, Tu griffes le ciel, tu te prends pour dieu, ta plume effleure le vide, des bulles de sens s’échappent de ton nez Ton trône de vers tangue sous ton poids, ta gloire…
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Habillons nos crépuscules
Habillons nos crépuscules Trouver de la beauté dans les rides qui enluminent les chairs épanouies et les peaux qui se parcheminent en rondeurs de la vie Blanchir le temps qui passe goûter à la maturité sourire d’un visage d’un galbe de hanche froissée d’un sein lourd plus très sage Donner à la…
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Voyageur infatigable
En voyageur infatigable j’ai vu des terres inconnues parfois même pas très aimables, mais toujours avec l’âme émue. Bien sûr je me suis arrêté à Carentan fors Isigny ; le Couesnon, ne l’ai pas passé, au Mont-Saint-Michel j’ons resté. À Saint-Hilaire-du-Harcouët Et à Villedieu-les-poêles pour votre bien je vous souhaite d’y aller faire la part…
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L’irrévérence des mots
Aubépine, aube artiste et dentelles de mots Déposés sur l’aurore en tendre irrévérence, Innovante parole aux perles d’immanence Qui s’écoule en cascade et rires de marmots. La voix peine à se dire et songe à demi-mot, Tel un lent carrousel aux douces somnolences, C’est un fin gribouillis de murmures silences, Où l’art peint au hasard,…
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[La Galerie de Diane] portrait N°2 : le beau-parleur
Hier encore Elle a versé toutes les larmes de son corps Il serait temps, peut-être, d’aller voir ailleurs Car bientôt ne coulera qu’un fleuve de pleurs Et prenne pour de bon ses jambes à son cou Pour s’éloigner enfin de ce sinistre fou Coléreux qui la couvre de mots pas très classe Comme…
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Le sens de la vie
Pourquoi voudriez-vous que la vie ait un sens ? Bon Dieu ! un sens de quoi si j’ose m’exprimer ainsi ? Je ne sais que le désir sans défense dans sa fureur de vivre, inspir du verbe aimer ! J’en parlai à mon chat, un modèle de vie toujours dans le tempo, par la grâce…
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Deux pas derrière
Carnaval Venise suspend la rigueur. Accorde quelques heures au vertige. Désordre surveillé. Ivresse contenue. Depuis mille ans marché tacite : du jeu contre la colère, du théâtre contre la faim. Droit bref à l’écart. Masque : On brouille les sexes. On efface les noms. On interdit. On restaure. On rejoue. La bienséance rend les armes.…
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Etait-ce toi l’amour ?
Était-ce toi l’amour que j’avais rencontré dans les vertes prairies au milieu des colchiques où je pansais mon cœur par trop mélancolique en sachant qu’on vivait une fin de l’été. Un homme de la terre avec ce que cela induisait de bourru et même de sauvage sous sa barbe fleurie alors qu’en plein orage sans…