Catégorie : poemes

  • Les deux sémites

    C’était un Maghrébin qui jouait de la flûte à Paris sur la Butte dans l’orchestre bédouin. Elle s’appelait Ruth, elle était Sépharade et chantait dans un rade pour des hommes en rut. Et donc tous deux sémites n’en déplaise aux coquins qui ne comprenaient rien au mot antisémite. Ruth et l’ami Djamel unirent sans façon…

  • Mes élucubrations

    le cœur est sous le sein bien caché à dessein et quant aux pectoraux… font la pige aux poteaux. C’éto bientôt l’été sur les bords du Léthé, je vais sans plus attendre y aller pour me pendre. Pour se pendre dans l’eau sous le pont Mirabeau ? Buvons la mirabelle et trinquons à l’icelle !…

  • Pourquoi je suis heureux

    Et si je vous disais pourquoi je suis heureux, vous ne me croiriez pas. Une mouche qui pète, un chat qui vole bas me rendent tout joyeux. Le secret du bonheur, pour sûr, je l’ai percé et la mort peut venir avec ses chabadas sur la carte du pire, va ! retourne au Léthé !…

  • Le petit poil au cul, le petit poil au nez

    Un petit poil au cul qui s’était incarné, on l’arracha tantôt sans plus d’aménité, il se mit à voler par la fenêtre ouverte, on le perdit de vue, le laissant à sa perte. Un petit poil au nez sortait de la narine : le vieil homme velu ne payant pas de mine arracha lui aussi…

  • Nos jeunes années

        La pluie fine et tiède du soir recouvre les rues de silence c’est l’heure entre chien et loup  où tous les souvenirs vont boire et se font loups-garous mordant nos âmes en somnolence     Je pense au tableau noir de l’école un chiffon a laissé en instance des traces de craie en…

  • Le sacre

    Voici enfin venu le bout d’éternité, Devant l’autel, dans le jardin des vanités, Sous ma traîne déployée au fond de l’allée, Un ange qu’effleurent mes doigts auréolés. Sur le marbre où se conjuguent être et avoir, Une bise soulève le voile d’un saule. Au long d’un parterre de fleurs, mes jambes frôlent Une chaise sur…

  • L’étoile filante

    À peine avais-je ouvert les portes de la nuit qu’une étoile filante en frôlant mon jardin saupoudra mon sapin de mille et un sequins dont notre hérisson garde l’âme ravie. Je me souviens très bien m’être dit en moi-même la chance qui m’échut dans ce rêve éveillé d’avoir pu un instant ainsi m’émerveiller devant l’illuminé…

  • Puttin’ On the Ritz

    Quand le fourbe s’invite au souper des géants ; qu’il fourbit ses armes nourrissant son hubris, se croyant un héros qui va entrer en lice, il n’étale de fait que ses ressentiments. Alors moi l’Amazone ayant de son sein droit sacrifié à l’archère une pose guerrière, — son ancrage flottant, technique meurtrière — je refuse…

  • Un air de bon aloi

    Une brise marine embrumait le rivage et les pins maritimes floutant le paysage balançaient en leurs cimes les oiseaux de passage. Je marchais sur la grève en esquivant mes pas avec au bout des lèvres et malgré le noroît au gré de l’heure brève un air de bon aloi. Passé outre ma vie, ses souvenirs…

  • Si je meurs demain

    Mais si je meurs demain où irai-je me reposer ? Et je serai dépossédé, donc endormi par un triste destin ? Or je ne vois pas d’issue ni par l’esprit têtu ni pour trouver les mots, car je file le faux. À la mer des Sargasses à midi ou à minuit, dans la peur, sans…

  • Le bel canto

    Par un jour de ciel bleu sans nuages, sans masque où je traînais mes basques, on me fit les grands yeux. Et dans ce Pays basque au joyeux camaïeu, terre de tant d’aïeux je découvris la vasque. Cette cuvette en marbre ornant une fontaine dont on voyait les veines m’invita sous son arbre. Les grands…

  • Portes-fenêtres

    Ils peuvent ouvrir ou fermer se faire portes ou fenêtres pour faire le bien ou mal-être ils sont parfois des murs comme des armures avec lesquels on cogne comme un bec de cigogne ils sont armes ou amour larmes ou velours meurtriers ou câlins bêtes ou malins ce sont des chansons remèdes ou poisons il…

  • Un secret bien caché

    Ce secret bien caché dont on perdit la clé je l’avais retrouvé au fin fond du grenier. Et donc au chalumeau trouvé sur le carreau je lui sciais l’anneau à ce cadenas gros. Dans la malle au trésor parmi bien des remords Il gisait mirliflore sans soucis du folklore. Le secret était là qui n’attendait…

  • L’or de la rivière

    Cette rivière, dont le lit recouvert par une eau bénite, regorgeait d’or et de pépites bien assez pour toute une vie. Moi, l’orpailleuse de l’amour j’attendais que ma concession filtrât l’enjeu de ma passion à l’aune de mon cœur trop lourd. Et c’est sur la rive opposée que le gaillard, qui ratissait le même filon…

  • A l’aune d’aujourd’hui

    Mon regard se pose sur des endroits évanouis Qui cependant revivent à l’aune d’aujourd’hui. Toute mon histoire les cherche comme pour une aventure Qui va me ménager de l’absence, le futur.

  • Errance poétique

    Je ne voudrais pas qu’on croie tout ce que je dis, car si je joue au con, je ne sais pas pour qui ! Et quant à ce pourquoi qui taraude mon ki comment j’en reste coi alors que je m’en ris ? Le corbeau croassant se moque de l’époque et de tous ces passants…

  • Après l’errance

    Après avoir erré au milieu des vivants, je m’encanaillerai parmi tous mes amis, morts. Dans la nécropole, aux confins du présent, nous chanterons l’amour et le vert paradis. Les oiseaux de malheur y seront interdits et seuls les colibris et tous les oiseaux-mouches pourront s’y reposer et y faire leur nid tout en zinzinulant des…

  • Par la force du vent

    Comme l’oiseau troublé par la force du vent sur la plus haute branche au faîte de l’ennui quand une aube transie effarouche le temps, une femme réveille un cœur endolori. La nuit fut agitée et Morphée se morfond d’avoir rêvé sa vie sans qu’il fût avéré qu’un démon personnel au feu d’un noir profond lui…

  • Était-ce toi ?

    Était-ce toi m’amour que je vis l’autre jour danser au Zimbabwe dessous la canopée ? Tu semblais si gracile et pourtant si fragile ; lors moi le phacochère je ne pouvais me taire. On dit dans la savane que l’herbe se pavane en te sentant croquer la vie en plein été. Moi, de mes yeux…

  • Un pourceau d’Épicure

    Oui ! je vis dans la joie sous les toits de Paris où je suis comme un roi, un roi dont les envies font la loi à l’envi et se rient sous la soie des draps de tous les lits lors qu’ils plient ses émois. Je jouis de bon aloi et vois sans qu’aucun cri…

  • La dame de la côte

          Mon Dieu, je suis bien mal fichue Hier dans mon jardin j’ai chu Un côte me suis cassée Me voilà bien handicapée   Je geins et pleure à en mourir Cabrel pourrait presque le dire , Ou comm’ dirait ma petit’ fille Là, je suis au bout de ma vie   Pourquoi…

  • Dov’è la casa del ballerino Livio ?

    Dov’è la casa del ballerino Livio ? Naples évidemment ! la ville est un ballet où chacun se faufile et dont le Vesuvio vous donne le tempo au milieu des palais. Et tous les angelos de Capodimonte aux ailes porcelaine en un furieux désir sur la haute colline embrassent des palmiers frôlés par les avions…

  • Les légendes boivent rarement seules

    La pluie hésitait depuis une heure sans réussir à devenir sérieuse. Dans le bistrot de la mère Bœuckly, le cidre travaillait mieux que le temps. La salle sentait : le varech humide, la soupe ancienne, la laine mouillée, et cette chaleur fatiguée des auberges du Cotentin où les hommes viennent surtout vérifier qu’ils existent encore…

  • Quand le manoir devint plus habitable que Mårkvar

    Le Cotentin avait passé la nuit à déplacer le mauvais temps. Le crachin allait vers la mer. Le soleil hésitait dans les haies. Le noroît revenait régulièrement pour vérifier que personne n’était heureux trop longtemps. Mårkvar remontait lentement vers le manoir. Il tenait encore. Toujours penché légèrement du mauvais côté. Toujours construit avec cette confiance…

  • Le jour où les pêcheurs retinrent la mauvaise version

    Le Cotentin ne changeait pas. P’t’êt’ bien qu’oui … Sa pluie hésita entre deux intensités, puis choisit celle qui expliquait mieux la situation.. Le vent suivit les haies avec méthode. Même les flaques semblaient savoir où regarder. Mårkvar avançait vite. Par contrariété surtout. Derrière lui, Kåthrïn portait le sac des textes récupérés : trois feuillets…