Catégorie : poemes
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Du temps que j’étais un Martien
Du temps que j’étais un Martien moi, le bonhomme vert dans une soucoupe volante je vis un astre bleu. Mon GPS quantique m’informa que c’était la Terre où j’allais atterrir du côté du Moyen-Orient. Je refusai donc cette option en optant pour l’Europe de l’Ouest et surtout cette France dont j’aimais le babil. C’est à…
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Agapète
Pierre était Don Juan, à la petite semelle Il pouvait à Casanova, donner leçons Sur un air de rumba, sur un air de flonflons Faire voler en éclat une jarretelle Ripolinant la cerise d’une donzelle Évidemment aussi agile qu’un mouflon L’aisance zinzoline d’un marteau pilon De Meuse rieuse jusqu’en Meurthe et Moselle Elles…
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Répit
Répit nocturne Surgit d’abord le vide. Cloque qui éclate de souvenirs arides chevauchant un fil écarlate, de résurgences épuisées qui s’accrochent, s’étirent , se tordent, balayées dans un ruisseau de soupirs . Et un instant de répit le silence qui suit et sourit. Vient la nuit qui protège . La nuit qui couture et abrège…
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La hutte qui commence trop tôt
Tandis que les Aujårds testaient leur dernière version de la sieste crapuleuse à rechute, Kåthrïn attendait Mårkvar sur le chemin qui ne mène pas. La météo prit l’eau. Le vent avait de l’avance. Le chemin suivait. La lande mâchait ses bosses. Une butte, à droite, penchait comme une idée mal assise. Mårkvar s’arrêta net, héroïque…
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Le jour où je suis devenu poète
Je me suis réveillé tantôt j’étais devenu ivrogneux et par conséquent poéteux avec sur le chef un chapeau. Je me suis mis à rimailler, à prosodier tutti frutti des vers aux pieds de Lou Ravi et la tête au cul constellée. L’alexandrin, son hémistiche, n’ont plus aucun secret pour moi leurs musiques de bon aloi…
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L’ombre du chat noir
En des replis de nuit il tient sa position, Tout comme si en cette heure il était en mission. De son air décidé à partager le temps, Il va se promener au plaisir de l’instant. Son ombre il l’inscrit, comme un peu de lui-même, De son âme en vadrouille qui est tout un poème. C’est…
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Le chant des orphelins
Formidable lagune à la pointe du jour Où des roseaux pensants s’égarent en riant Du peu d’aménité pour ces êtres trop sourds Au chant des orphelins qui pleurent dans le vent. Et voilà que la mer dans un ressac ultime Sur des rochers de marbre à la pointe du temps Y va de sa colère…
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Poirot and Co.
Dédicace à notre admin Marc avant l’apocalypse ! Je suis fan de Poirot et de ses godillots Ses nœuds très papillons et noirs chapeaux melons Suis folle de Hastings, Capitaine en smoking Impeccable costume en plein coeur de la brume Duo très élégant, styles très différents Mais follement « so chic » comme…
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Le puits qui n’était pas encore cassé
Ils trouvèrent le puits derrière l’église. Pas caché mais légèrement en retrait, comme s’il avait pris l’habitude de ne pas être cherché. Un cercle de pierre. Une margelle. Une corde. Un seau. Rien d’anormal. — Voilà, dit Mårkvar. — Non, dit Sélène. Mårkvar posa la main sur la corde. — Il a dit de ne…
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La fin du monde
Je ne veux pas mourir avant la fin du monde, monde de mes pensées avec des mots à moi, des mots symbolisant sur ma planète ronde une réalité dans ma tête de bois. L’apocalypse et moi, c’est une vieille affaire où mon entendement tout au bout de sa vie, ne peut se cramponner même à…
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Confettis de peine
Je pense et écris en français, voici donc un haïku à la française : Confettis de peines Les cendres de l’an passé N’ont plus rien à dire
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L’usine à gaz
L’Être humain est une usine à gaz qui pète et qui rote, voilà ce qui me botte, car jamais ne m’en blase. Même ma mie ô gué ! pète en catimini sous sa jupe mini avant d’aller caguer. Ne dit-on pas d’ailleurs. qu’il vaut mieux péter en société que de mourir tout seul ? Le…
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Celui qui garde ce qui penche
Le silence ne dura pas. Se fissura d’abord dans un détail : une chaise mal posée qui refusa de rester droite. Puis dans un regard : un habitant qui oublia de fixer l’horizon. Quelqu’un toussa. De travers. La toux chercha sa place. En trouva deux. Personne ne le vit arriver, mais tout le monde sut…
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Haïku « jiyūritsu » (自由律, « rythme libre) en 5/3/9 du 17 avril 2026
Cercueil profané Son jus coule dessinant une âme décharnée
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Un si doux mensonge
À vrai dire un mensonge, en l’état de mon âme, proféré sur le tard, mais plus tôt que prévu troubla dans la foulée cette part inconnue qui s’érigeait en moi comme chez toute femme. Cette déclaration s’invitait in petto par un jour de printemps sous de très bons hospices où l’on sent que le temps…
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Larmes, joie
Blanche Roche si noire ! j’en viendrais à l’oublier — je suis là titillé par ma vie comme un bœuf qu’on tocquerait ! Ma presqu’île — un renard sur la lagune derrière les dunes, les oyats, un petit champ, trois cabanes, demain le pain ! Enluminée de larmes ma joie, expansion en l’espace, malgré le…
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La réparation du village
Mårkvar ne dormit pas. Il resta sur la place, face au registre fermé, comme on veille quelque chose qui respire encore. –– Ça ne peut pas rester comme ça, dit-il au matin. Le matin, d’ailleurs, mit du temps à arriver. Il s’essaya deux fois, puis finit par se poser correctement sur les toits. Mårkvar bâilla.…
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Entre deux
Entre deux Que se cache t il dans cet espace un entre deux une angoisse ce blanc, ce vide, ce trou cette petite place dans un grand flou un point d’interrogation bloquant toute respiration …
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Un sonnet au poil !
De Zanzibar à Tombouctou les femmes rasent leur minou et moi je suis glabre des joues avec pour arme un coupe-chou ! Le poil toujours recommencé qu’il faut sans cesse éradiquer comme les ongles sont coupés tant sur les mains que sur les pieds. Éternel recommencement qui occupe tout notre temps et pousse après l’enterrement.…
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Le village qui tenait à peu près
Alors que Mårkvar essayait de remettre ses chaussures à la bonne place, et que le seau de poissons coiffés sautillait derrière lui, un bruissement se fit entendre. –– Qui va là ? demanda-t-il. Sélène, sourit, s’inclina de manière parfaitement approximative, et se plaça aux côtés de Mårkvar. –– Alors, dit-elle, par où commence-t-on ? Mårkvar leva le…
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Je viendrai demain
Je viendrai demain manger ta lumière au ponant déchirer la dentelle de tes vœux voler la poussière des légendes et le bois sec des tourments Je viendrai toujours à l’aube quand le bleu des envies se morfond dans l’iris de tes yeux et que meurent toutes les chansons toutes sans exception Je viendrai…
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Silence interdit
Silence interdit Le poète, Lui seul sait écrire Lui seul sait accoucher les mots De ce que l’on ne peut pas dire Pour en exsuder le chaos Le poète, A l’exactitude Pour dessiner les longues nuits Blanches et crues de solitude Peuplées de souffrance et non-dits Le poète, Lui, ose chanter…
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L’Émissaire du vent
Le vent souffla. S’arrêta. Repartit dans l’autre sens, comme s’il avait oublié pourquoi il venait. Il ralentit pour laisser passer un seau qui traversait le ciel. Il tomba en silence. Le bruit arriva après. Dedans : des poissons très droits, alignés, chacun avec un bonnet trop sérieux pour la situation. — Bonjour, dit le seau.…
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Jouvence de l’amour
Je n’ai jamais compris Pourquoi un métronome Régirait notre vie De morts-vivants — en somme. Et puis t’as débarqué Avec tes illusions, Alors j’ai adoré Partager ta vision. Le temps semble infini Et très court à la fois Qui nous a réunis. Parfois je te confie En riant l’autrefois Tant le présent sourit.
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Barde et histrion
Barde et histrion, moi le thuriféraire ès poésies, je reste mirmillon des vers n’en déplaise à tous les sycophantes. Vous les catéchumènes un peu naïfs, épigones sans génie de leur maître, ne seriez-vous pas un peu nécromants dans l’art funéraire des lettres ? J’en ai connu des coryphées, des chefs de chœur patentés, mais jamais…