Catégorie : poemes
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Barde et histrion
Barde et histrion, moi le thuriféraire ès poésies, je reste mirmillon des vers n’en déplaise à tous les sycophantes. Vous les catéchumènes un peu naïfs, épigones sans génie de leur maître, ne seriez-vous pas un peu nécromants dans l’art funéraire des lettres ? J’en ai connu des coryphées, des chefs de chœur patentés, mais jamais…
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Mårkvar et le chaos correctement réglé
Le vent soufflait comme s’il avait bu trop de cidre. La mer secouait ses vagues pour applaudir. Mårkvar marchait. Kåthrïn le suivait. Les Aujårds, trop curieux pour rester à table, s’étaient joints à eux. –– Tu sens quelque chose ? demanda-t-elle. –– Quoi ? –– Une perturbation… ou un visiteur… –– Encore ? –– Oui.…
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[la Galerie de Diane] portrait n°4 : les masqués
C’était un grand théâtre à ciel ouvert, Comme à Venise, un jour de carnaval L’on y déambulait, masqué de pair Et dansait, en chantant le madrigal. Colombines et marquises gloussaient, Faisant aux troubadours la révérence Des princes perruqués flattés, riaient Charmés par si profonde déférence. Un soir de pluie, un vent…
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Mårkvar ou l’art parfaitement inutile de faire face
Le temps était passé dire bonjour. S’était attardé au bistrot de la mère Bœuckly, puis avait repris son chemin, laissant derrière lui Fermanville en paix. Trop calme. Mårkvar et Kåthrïn assis sur le même sable regardaient la plage comme on regarde quelque chose qui prépare autre chose. Un crabe passa. De côté. Mårkvar se raidit.…
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Mårkvar et ce qui tient, pour l’instant
Le lendemain arriva sans prévenir. Il n’avait pas été annoncé. Il n’était pas certain non plus d’être le bon. Le soleil fit un effort. Les ombres suivirent, à peu près. Mårkvar se leva tôt, c’est-à-dire avant que ses idées ne soient d’accord entre elles. Il posa un pied au sol. Le sol répondit présent. ––…
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Mårkvar et le monde à peu près
Le soleil s’était levé.Ou peut-être qu’il se couchait.Les ombres, en tout cas, discutaient entre elles.Le sable faisait des châteaux plus grands que nécessaire. Mårkvar marchait vers son manoir,ses chaussures légèrement en retard sur ses pieds.Kåthrïn le suivait,tirant derrière elle un peu de ventqui ne voulait pas choisir de direction. –– Tu vois ? dit Kåthrïn.––…
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[la galerie de Diane]Portrait N°3 les pleureuses
Parce que Là..je m’ennuyais tristement En parcourant quelques écrits Maigres poèmes larmoyants Rien pour ravauder mon envie Et que Ne consultant plus que factures Mon courrier, rien de superflu Après café et confiture Tout autre travail suspendu Car La poésie ? Toute noyée : Pluies de pleurs, pluies d’ors et de cire N’en finissaient plus de couler…
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Mårkvar et le Chemin des Douåniërs Déchaînës
Alors que la mer gloussait, que le vent prenait les girouettes et que la Roche se laissait lécher le Blanc par une vague qui insistait, Mårkvar et Kåthrïn avançaient sur le Chemin qui suivait la côte, s’en écartait, revenait comme s’il avait oublié quelque chose. On entendait la mer sans la voir. Mårkvar mâchonnait ses…
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Encore
Je veux profiter encore pendant que mes doigts bougent du moment présent voir la pluie valser dehors entendre siffler la bouche du vent une rose rouge aux pétales séchés entre deux pages du temps Je veux respirer l’odeur câline des pommes sucrées et celle du thé infusant dans la proche cuisine de mon excentrique…
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Les paysages m’ennuient !
Je ne voudrais pas me mentir : je ne suis pas impressionniste ! L’eau qui miroite et qui soupire ne fera pas vibrer mon cistre. Le coaltar qui brille au soleil dans l’outrenoir des lourdes plates ; les vaquelottes, ces meveilles, ne m’inspirent que rimes plates ! Entre fort Joret et Fréval, sur l’étroit chemin…
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Le jour où Mårkvar a tenté de discipliner la brume
Du haut de sa tour, Mårkvar fouillait l’horizon. Il cherchait Blanche-Roche. La mer était là. Mais pas à sa place. La Roche non. — Je n’ai rien fait, dit la Manche. Mal rangées. Quatre défaites de mouettes depuis le naufrage. Trente tonneaux de cidre. Plus une goutte d’hydromel. Les Aujårds dérivaient. Lentement. Mais sûrement. Deux…
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Tout de toi me manque
Tes doigts sur le piano arpègent la résonance D’une cage d’ivoire glacée d’oiseaux Aux regards acérés du futile marié d’ennui Ils chantent fauves et rauques Les notes de toi Tes cheveux mangeurs de lumière auréolent le vent D’un mystère absolu rétif à l’entendement Ils sont nimbes, immanents au désir de te vivre Foison blonde…